Wallis et Futuna
Wallis-et-Futuna est une collectivité d'outre-mer française
située dans l'hémisphère sud. Son chef-lieu
est Mata-Utu.
Composé de trois principales îles, Wallis, Futuna et Alofi, l'archipel se trouve entre la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. Il
est localisé à 16 000 kilomètres de Paris et est
situé en Océanie polynésienne
(océan Pacifique occidental).
Son code postal commence par 986.
Il y a 5000 ans (3000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud,
cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour
s'installer à Taiwan. Vers 2000 avant J.-C., des migrations ont lieu de
Taiwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent
bientôt des Philippines vers Célèbes et Timor et de
là, vers les autres îles de l'archipel indonésien.
Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines
en Nouvelle-Guinée et au-delà, vers les îles du
Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers
navigateurs de l'histoire de l'humanité.
Les premiers visiteurs européens de Futuna, reconnus par l'histoire, furent
les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire qui abordèrent l'île en chaloupe
le 22 mai
1616. Ils
pilotaient l'Eendracht, navire de 350 tonneaux, accompagné du Horn qui lui
ne faisait que 100 tonneaux, et venaient de Hollande.
Déjà, à l'approche de l'île, ils avaient pris contact avec les indigènes
et jetèrent l'ancre le 21 mai 1616 dans l'embouchure de la rivière Futuna.
Ils baptisèrent les deux îles découvertes îles Horn en souvenir
de leur port d'embarquement mais nous les connaissons mieux aujourd'hui
sous les noms de Futuna et Alofi. Ils restèrent environ 8 jours sur ce
petit archipel avant de repartir en direction de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis
des Moluques.
Pour ce qui est de l'île de Wallis, elle fut visitée 150 ans après
Futuna par un Anglais, le capitaine Samuel
Wallis, les Européens donnèrent son nom à cette île. C'était en 1766. Les
autochtones qui l'occupaient depuis des milliers d'années la nommaient Uvéa et
ce nom reste encore imprimé dans beaucoup de mémoires actuelles tant et
si bien que chaque habitant du Pacifique comprend autant un terme que
l'autre et sait le situer géographiquement.
Peuplé de Polynésiens originaires des îles Tonga pour
Wallis et des îles Samoa pour Futuna, l'archipel est atteint pour la
première fois par un Français, Louis Antoine de Bougainville,
le 11 mai
1768.
Futuna signifie L'enfant perdu du Pacifique. L'archipel ne
connait pas de présence européenne significative avant le XIXe siècle et l'implantation de missionnaires catholiques.
Les royaumes d'Uvéa à
Wallis, d'Alo
et de Sigave
à Futuna signèrent alors un traité de protectorat
avec la France (demandé par la reine Amélia et ratifié en 1887) avant de
devenir un territoire
d'outre-mer (TOM) en 1961 après un référendum. Le roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), fut signataire de
cet accord qui permit à ce petit archipel de 96 km² et plus de 14 000
habitants de passer du statut de protectorat à celui de territoire
d'outre-mer. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003,
l'archipel entra dans la catégorie des collectivités
d'outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne
changeât.
La vie politique de Wallis et Futuna a longtemps été dominée par le RPR gaulliste,
incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et
Sosefo Makape Papilio. Il faudra attendre 1989 pour voir
la gauche, avec le Parti radical de gauche, être à nouveau portée
au pouvoir sur place, avec l'élection du député Kamilo Gata (décédé en 2004).
Celui-ci est à son tour battu en 1997 par Victor
Brial (neveu de Benjamin), nouveau chef du RPR local et également
président de l'Assemblée
territoriale de Wallis-et-Futuna de 1997 à 1999. Ce
dernier est battu en juin 2007,
contre toute attente, par le socialiste Albert Likuvalu. Celui-ci avait auparavant été brièvement
président de l'Assemblée
territoriale du 22
février au 24 novembre 2005,
bénéficiant alors d'une alliance éphémère entre l'opposition de gauche
(7 élus sur 20) et quelques élus divers droites.
Lors des élections territoriales de 2002, la
droite locale (encore RPR alors, futur UMP, remporte le scrutin
avec 9 élus sur 20 et complète sa majorité avec les 5 représentants
divers droite de l'Alliance pour Wallis-et-Futuna. Toutefois, le leader
de celle-ci, Albert Likuvalu, se rapproche de
l'opposition locale, formée de 4 élus de l'Union pour Wallis-et-Futuna
(gauche socialiste) et 2 non inscrits. Ces trois formations (Alliance,
Union et non-inscrits) forment donc une majorité éphémère de 11 membres
sur 20 du 22 février au 24
novembre 2005,
l'UMP étant relégué dans
l'opposition et Lukuvalu prenant la présidence de l'Assemblée. Le 24
novembre 2005,
sur fonds de conflits coutumiers à Wallis entre les partisans du roi local et les
« rénovateurs », les 4 autres élus de l'Alliance s'éloignent d'Albert
Likuvalu et reforment une majorité avec l'UMP. Likuvalu reste quant à
lui dans l'opposition, et participe en 2006 à la
création de la fédération locale du Parti socialiste. Du 24
novembre 2005
à avril 2007, la
nouvelle majorité de droite porte à la présidence de l'Assemblée
Erménégilde Simete, membre de l'UMP.
Pour les élections locales du 1er avril 2007, 26
listes s'étaient portées candidates pour 20 sièges. Parmi les élus, 12
se sont finalement rangés dans la majorité UMP-UDF-divers droite qui a
porté Pesamino Taputai, représentant local de l'UDF-MoDem, à la présidence de
l'Assemblée territoriale. L'opposition, composée de 8 élus, est
quant-à-elle organisée autour du PS local d'Albert Likuvalu qui, deux mois plus tard, est élu député
contre le sortant Victor Brial. Il est à précisé que parmi les 5
candidats présents au 1er tour, 3 étaient
des élus de la majorité à l'Assemblée territoriale : outre Victor
Brial pour l'UMP, Pesamino Taputai représentait le MoDem et l'ancien président de
l'Assemblée et désormais président de sa commission permanente,
Erménégilde Simete, candidat divers droite.
Donc, en théorie la vie politique à Wallis-et-Futuna est dominée par
les représentants locaux des grands partis métropolitains, le FN y étant également
présent depuis les élections présidentielles de 2002 et est
représenté par Gaston Lui qui fut candidat aux législatives de 2002 mais pas
en 2007.
Cependant, comme pour le reste des collectivités françaises
ultramarines, la pratique politique à Wallis-et-Futuna correspond
davantage à un affrontement de personnalités, et plus particulièrement
ici de chefs coutumiers. Dans les faits, les programmes politiques sont à
peine mis en avant, les débats sont secondaires, les campagnes
électorales s'organisant au rythme de fêtes coutumières.
La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle
qu'il s'agit avant tout de voter pour le candidat proposé par le chef
coutumier.
La place de la coutume est omniprésente et se reflète sur la vie
politique locale.
Wallis-et-Futuna sont constituées de trois monarchies
traditionnelles : Uvéa (à Wallis), Alo et Sigave (à
Futuna), dont les rois
gouvernent avec des conseils élus et le représentant de l'État
français, qui porte le titre d’administrateur supérieur. Le pouvoir
judiciaire en matière pénale et civile est détenu par l'unique tribunal de première instance
qui est compétent pour tout le territoire et dont le siège est à la
préfecture de Mata-Utu (à Wallis).
Contrairement à la métropole, aux départements d'outre-mer
et aux autres collectivités d'outre-mer, le territoire n'est pas divisé
administrativement en communes, mais en
circonscriptions, le chef de la circonscription ayant des pouvoirs
équivalents à ceux d'un maire.
À Futuna, deux royaumes (à qui reviennent les fonctions
juridictionnelles des arrondissements départementaux et
sous-préfectures, administratives des mairies et une partie des
attributions des conseils généraux) coexistent et regroupent des
villages. À Wallis, 3 districts coutumiers (gérant aussi les fonctions
administratives des mairies et regroupant plusieurs villages) existent
sous l'autorité du même roi (à qui revient la présidence des fonctions
juridictionnelles civiles).
Aussi, sur le plan territorial, les îles sont divisées en trois
circonscriptions territoriales recouvrant exactement chacun des trois
royaumes : la circonscription territoriale de Wallis (pour le royaume d'Uvéa),
la plus grande et la plus peuplée des trois, les circonscriptions
territoriales d'Alo
(qui comprend aussi l'île inhabitée d'Alofi) et celle de Sigave, la
plus petite, à Futuna. Chacune jouit de la personnalité morale avec un budget
propre géré par un conseil de circonscription composé des chefs
coutumiers et présidé par le roi.
Le royaume wallisien d'Uvéa et
les deux royaumes futuniens de Sigave et
d'Alo ne sont
pas des monarchies héréditaires mais aristocratiques :
ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent
les rois.
Le pouvoir coutumier est important mais toutefois assez décentralisé,
les rois locaux devant négocier avec les chefs de village, et répondre
aux demandes des alikis qui les élisent et dont l'autorité morale
s'appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le
représentant de l'État pour obtenir les budgets de développement du
territoire.
- À Wallis, le roi d'Uvéa (portant le titre de lavelua) est le chef
de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d'un premier
ministre (kivalu) et de 5 ministres. Il nomme encore, sur
proposition de la population, 3 chefs de district (faipule) qui
ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les
chefs de village, qui peuvent lever les corvées d'intérêt général, sont plébiscités ou
destitués au cours d'assemblées générales de village (fono) qui
ont lieu le dimanche dans une case commune (fale
fono).
- À Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave
à Sigave)
disposent aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les
conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de
village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur
roi facilement.
Les rois disposent pour couvrir leurs frais d'une dotation annuelle
de la République qui indemnise aussi les ministres royaux et les chefs
coutumiers de districts et de villages.
Toutefois, la définition et la délimitation des villages n'est pas
aussi stricte que les communes françaises, le territoire étant plutôt
délimité de façon informelle par les royaumes (et districts à Wallis) et
le droit coutumier, y compris pour le domaine royal ou public, et la propriété privée incessible appartenant en
fait en commun aux villages avec un droit d'usage accordé aux chefs de
familles.
L'archipel a accédé au statut de territoire d'outre-mer en 1961. La
loi du 29 juillet 1961 « garantit aux populations du territoire le
libre exercice de leur religion, ainsi que le respect de leurs croyances
et de leurs coutumes tant qu'elles ne sont pas contraires aux principes
généraux du droit ».
Depuis la révision constitutionnelle de 2003, qui abandonne le
concept général de territoire d'outre-mer,
Wallis-et-Futuna est une collectivité d'outre-mer disposant
d'une assez large autonomie au sein de la République française, un
système politique propre et original, et proche de celui en vigueur en Nouvelle-Calédonie, où le droit français
côtoie le droit coutumier local.
Sur le plan administratif, les archipels sont divisés en cinq
circonscriptions électorales, reprenant le découpage des 3 royaumes et
des trois districts coutumiers du royaume wallisien d'Uvéa, qui
élisent au suffrage universel 20 représentants à l'Assemblée
territoriale de Wallis-et-Futuna qui désignent alors parmi eux une
commission permanente composée de 2 représentants de Wallis et 2
représentants de Futuna (un pour chacun de ses royaumes). Toutefois,
l'Assemblée territoriale a un rôle limité en matière de droit civil et
de gestion du budget territorial, ses décisions nécessitant
l'approbation de l'administrateur supérieur représentant la France.
Par ailleurs, l'Assemblée territoriale doit approuver les 3 membres
du Conseil territorial nommés par l'administrateur supérieur (qui
préside ce conseil), les 3 autres membres du conseil étant les rois
traditionnels (tous vice-présidents du conseil). En pratique, ce conseil
n'a qu'un rôle consultatif sur la gestion locale exercée surtout par
les chefs de village, dans la hiérarchie coutumière, et l'administrateur
supérieur.
Le territoire est représenté à l'Assemblée nationale par un
député (élu au suffrage universel), actuellement Albert Likuvalu (apparenté au groupe SRC et chef
du PS local) et au Sénat par un sénateur (élu
indirectement par les représentants locaux siégeant à l'Assemblée
territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie
coutumière des chefs de districts et de villages), actuellement Robert Laufoaulu (apparenté au groupe
UMP).
Sur le plan éducatif, le territoire a le statut de vice-rectorat.
Toutefois, l'enseignement primaire est totalement concédé par l'État,
dans le cadre d'une mission de service public, au diocèse
catholique de Wallis-et-Futuna au travers d'une convention où l'État
finance l'ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et
fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public
communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des
rois qui définit l'usage foncier. A noter l'existence de l'University de Wallis® qui n'est en aucun cas un
établissement d'enseignement superieur, mais une officine qui vend des
diplômes sans aucune reconnaissance, affiliée au prétendu collège Robert
de Sorbon.
- Tribunal administratif de
Mata-Utu, 12 mars 2007, n° 06-01, Halagahu (conclusions Briseul à
l'AJDA n°22/2007, 18 juin 2007, pp. 1184-1189): l'article 3 de la loi du
29 juillet 1961, « qui a notamment pour effet d'interdire toute
immixtion des institutions de la République dans le fonctionnement des
institutions coutumières, ne donne compétence à aucune autorité
administrative, qu'elle agisse au nom de l'État ou du territoire, pour
connaître des questions coutumières, notamment en intervenant dans la
désignation des autorités coutumières et traditionnelles par des actes
qui, contrairement aux termes qu'ils emploient, ne se bornent pas à
constater l'accomplissement de procédures coutumières de nomination ou
de destitution, auquel cas ils seraient superfétatoires, mais comportent
par eux-mêmes un tel effet et entraînent en outre des conséquences
d'ordre pécuniaire dès lors qu'il conditionnent le bénéfice de diverses
indemnités imputées sur les budgets de l'État, du territoire, et de la
circonscription territoriale »
Crise
politique de 2005 [modifier]
En 2005,
le territoire fait parler de lui à la suite d'une crise politique ayant
eu lieu à Wallis. La crise débute quand le petit-fils du roi Tomasi
Kulimoetoke II d'Uvéa (en place depuis 46 ans) est condamné pour homicide
involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d'ivresse.
Le petit-fils se réfugie au palais
royal. Le roi résiste d'abord aux demandes d'arrestation de son
petit-fils. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées
entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le
petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire
française (l'économie du territoire dépend des aides de l'État et
l'administration emploie de nombreuses personnes).
Une partie des chefs de village décident alors d'introniser un
nouveau roi et recherchent la reconnaissance de l'administrateur
français Xavier de Fürst, qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant les
griefs de ces chefs coutumiers. Mais, à l'approche de la cérémonie
d'intronisation, prévue le 25
septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à
l'affrontement avec les partisans du roi, qui occupent l'aéroport
et édifient des barrages. La situation s'arrange finalement grâce à
l'intervention d'un médiateur
français qui reconnaît l'autorité du roi. La cérémonie d'intronisation
est alors annulée.
Toutefois l'affaire laisse des traces et juin 2006, les
tensions peuvent encore se faire sentir au sein de la population locale
avec quelques incidents ponctuels dans le district du nord, Hihifo. Des
palabres de réconciliation sont toujours en cours entre les deux
chefferies.
Le 12 mars 2007,
le Tribunal administratif de Mata'utu a examiné une cinquantaine de
recours qui avaient été présentés par le royaume d'Uvéa pour
annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst (en).
Le Tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises
par M. de Fürst et condamné l'État français à verser des indemnités à la
Circonscription territoriale d'Uvéa (ce qui correspond à l'entité
coutumière du royaume d'Uvéa) et aux membres de la chefferie du Lavelua (en).
Carte de Wallis-et-Futuna
Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par
une ceinture de récif, sont difficiles d'accès. Wallis-et-Futuna
possède 106 km de côtes au total[3].
Le climat est chaud et humide (tropical).
Wallis et Futuna sont deux groupes d'îles, d'histoire géologique
et d'aspect très différent :
- Les îles de Wallis, au nord-est, composées d'une île principale,
Uvéa (qui s'étend sur 96 km²), et de plusieurs îlots coralliens,
est un ancien volcan qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi
apparaître un récif corallien et un lagon ouvert
sur l'océan par quatre passes dont seul une est navigable. Son point
culminant, le mont Lulu, est peu élevé (151 mètres). Bien que dépourvue
de ruisseaux,
l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac de
Lalolalo, d'environ 400 mètres, et qui constituent de précieuses
réserves d'eau douce pour l'île.
- Les îles de Horne, au sud-ouest, composées de deux îles principales,
l'île de Futuna (qui s'étend sur 64 km²) et sa voisine immédiate, l'île
d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne
comportant pas de récif corallien), sont ouvertes sur l'océan Pacifique.
En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur
point culminant, le mont Puke sur Futuna, est à 524 mètres environ.
Traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce, elles sont par contre
ceinturées de récifs.
La population très pauvre n'a majoritairement pas accès à l'économie
monétaire (70% des actifs), et près de 70% des autres travaillant pour
l'administration publique locale.
Moins de 1 000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou
privées (notamment l'artisanat de la nacre
destiné à l'exportation et issu de la pêche de coquillages).
Depuis 1976,
l'emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400
emplois publics pour 4000 actifs à plus de 1 070 sur 1 800 emplois. Si
plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il
n'y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi ce chômage
important est compensé par le système de partage communautaire qui est
la seule satisfaction des besoins élémentaires d'équipement puisque
l'acquisition d'une propriété n'est pas pratiquée sur ces îles où la
propriété est essentiellement collective. Ainsi, la plus grande partie
de l'activité n'est pas monétisée.
Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources
naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique
aussi que l'île voisine d'Alofi n'est pas habitée. Cette carence ne
permet qu'une économie essentiellement rurale
axée sur la pêche lagonaire artisanale et l'agriculture
océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi
de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels,
l'environnement régional étant encore plus démuni qu'elles. Un exemple
de retard de Futuna est que la télévision n'y est arrivée que le 24 décembre
1994.
La dangerosité et les difficultés d'accès maritime aux îles, liées à
leur environnement naturel dangereux, l'absence de port en eaux
profondes combinée à l'éloignement des grandes routes commerciales avec
les pays plus riches comme l'Australie
et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de
produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître
le coût des importations de produits manufacturés) ou même
l'insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement
touristique contraignent ces îles à un développement difficile et
nécessitant un apport constant de capitaux publics.
Une partie des recettes publiques est constituée par la taxe annuelle
forfaitaire sur des sociétés extraterritoriales, qui n'ont aucune
activité sur le Territoire de Wallis et Futuna, appelées aussi sociétés
"offshore". Il n'est pas certain que ces recettes perdurent. En effet
les niches fiscales étant remises en cause, ces sociétés ont de manière
certaine un caractère délictueux, du fait qu'il s'agit de sociétés
fictives ou société écran (coquille vide) dont le seul but
est de frauder l'impôt et les taxes en France ou dans d'autres pays. Il
faut rappeler que le code pénal et le code de commerce sont applicables
à Wallis et Futuna, la résultante de cette applicabilité constitue les
délits de blanchiment, d'abus de biens sociaux et de recel d'abus de biens
sociaux.
Toujours dans le même registre de sociétés fictives, Wallis et Futuna
est spécialisé dans les pavillons de complaisance. L'immatriculation de
navires marchands dans des paradis fiscaux "spécialisés" aux travers de
sociétés fictives, permet d'échapper (de manière illégale) aux
obligations sociales et fiscales des États, d'où les mises en garde de
l'ONU et OCD et autres organismes de régulation internationale.
Il n'y a sur le territoire qu'une seule banque, la Banque de Wallis et Futuna ; la
BWF est une filiale de BNP
Paribas. Le Trésor public n'ouvre plus de comptes et La Poste n'y a pas de services financiers.
En 2008, on compte 13 445 habitants à Wallis-et-Futuna dont 4 238 à
Futuna (31,52%) et 9 207 à Wallis (68,47%). Pour la première fois depuis
plus d’un demi siècle, la population de cette collectivité décroit par
rapport au recensement précédent (2003) qui comptait 14 944 habitants[2].
Pendant cette période intercensitaire, la population a reculé de 10 %
(-8,6 % à Wallis et -13% à Futuna). L'île d'Alofi, voisine de Futuna,
n'est pas habitée. Tous les districts furent touchés par une
décroissance démographique.
La plupart des habitants sont d'origine polynésienne (97,3%). On
compte aussi quelques habitants d'origine européenne. La quasi totalité
est de confession catholique.