Pour rompre avec le nom d'île (de) Bourbon, trop attaché à l'ancien
pouvoir royal, la Convention nationale décide, par décret
du 23 mars 1793[2],
de renommer le territoire : « île de la Réunion ». Ce choix pourrait
avoir été fait en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des
gardes nationaux parisiens qui a précédé l'insurrection du 10 août 1792 et la
marche sur le palais des Tuileries, mais aucun document ne le
justifie et le sens du mot « réunion » pourrait avoir été purement
symbolique[3].
Conformément à la graphie originelle et aux règles orthographiques et
typographiques classiques[5],
toujours en vigueur, « la Réunion » s'écrit avec une minuscule à
l'article. Cependant au cours de la fin du XXe siècle, la graphie « La Réunion » avec une
majuscule s'est développée dans de nombreux écrits pour souligner
l'intégration de l'article dans le nom. Cette graphie correspond aux
préconisations de la Commission nationale
de toponymie[6]
et figure notamment ainsi dans l'actuelle Constitution
de la République française aux articles 72-3 et 73[7].
D'un point de vue géographique,
La Réunion est une île de l'hémisphère austral située
dans le sud-ouest de l'océan Indien par 21 degrés de latitude
sud et 55 degrés de longitude est. Cette localisation la place au
large de la côte sud-est du continent
africain,
à qui on la rattache traditionnellement en l'englobant tantôt dans l'Afrique australe, tantôt dans l'Afrique de l'Est ou plus souvent dans l'ensemble géopolitique flou appelé Sud-ouest de l'océan Indien. De
fait, elle se trouve plus précisément à environ 700 kilomètres à l'est
de la façade orientale de l'île de Madagascar,
qui relève elle aussi de ces régions.
La Réunion est l'île la plus occidentale d'un groupe d'îles que l'on
appelle Mascareignes, et que l'on assimile à un archipel.
Elle est située à approximativement 200 kilomètres de l'île la plus
proche, l'île Maurice, soit l'île principale d'un État
souverain appelé République de Maurice et qui a pour possession la troisième
plus grande île de ce groupe, Rodrigues,
située plus à l'est.
La Réunion est caractérisée par un climat général de type tropical humide sous l'influence des vents alizés qui soufflent d'est en ouest. La présence
de hautes montagnes induit de fortes différences microclimatiques,
d'une part au niveau des précipitations entre une côte orientale
pluvieuse exposée au vent et une côte occidentale assez sèche car
protégée par le relief, d'autre part au niveau des températures entre un
bord de mer chaud et des zones d'altitude relativement fraiches.
Au niveau de la mer, les températures moyennes mensuelles varient en
général de 21 °C (août) à 32 °C (janvier) ; Le Port est la ville la plus sèche avec
une hauteur annuelle normale de précipitations de 636 mm tandis que Saint-Benoît est la ville côtière
la plus arrosée avec 3 464 mm.
Dans les bourgs de montagne, comme à Cilaos ou à
La Plaine-des-Palmistes, les
températures moyennes oscillent plutôt entre 12° C et 22 °C ;
les précipitations y sont aussi plus marquées (3 939 mm/an à Cilaos et 4 634 mm/an à La
Plaine-des-Palmistes). Les zones d'habitat les plus élevées et les
espaces naturels d'altitude peuvent connaître quelques gelées
hivernales.
La situation très océanique de La Réunion tempère les températures
estivales, qui ne sont jamais caniculaires (les températures maximum
dépassent rarement 35 °C),
mais place l'île entre janvier et mars dans une bande de passage des
cyclones. Ceux-ci peuvent être dévastateurs avec des vents dépassant les
200 km/h et apportent des
précipitations diluviennes qui constituent les records mondiaux de
pluviométrie enregistrés sur les durées de 12 heures à une semaine.
La Réunion est une île volcanique de l’océan Indien.
Elle est née, il y a quelque 2 millions d’années, avec l’émergence
d’un massif montagneux culminant au piton des Neiges qui est, avec une altitude de 3 070,50 m, le sommet le plus élevé
des Mascareignes et de l’océan Indien (mesure GPS
effectuée en mai 2003
par l’Ordre des géomètres experts de La Réunion).
Ce massif forme la partie ouest de l’île, alors que l’est est
constitué d’un volcan bien plus récent, à peine vieux de 500 000 ans, l’un des plus actifs de
la planète : le piton de la Fournaise.
Le massif ancien, dont les volcans sont actuellement inactifs, abrite
trois vastes cirques : les cirques de Salazie,
Mafate
et Cilaos,
creusés par l’érosion. Le massif ancien est séparé du massif de la
Fournaise par une trouée formée de la plaine des Palmistes et de la plaine des Cafres, voie de passage entre le nord et le sud
de l’île. L’érosion a donné à ces formations volcaniques des reliefs
abrupts, des a-pics vertigineux, des canyons, de multiples cascades, qui
donnent à l’île une grande beauté et l’a faite surnommer « l’île à
grand spectacle ».
La magnificence des paysages est accrue par la diversité des
végétations qui prospèrent dans ces sites.
La partie émergée de l’île ne représente qu’un faible pourcentage
(environ 3%) de la montagne sous-marine qui la forme.
Environnement
à La Réunion [modifier]
L’île de La Réunion possède une faune et une flore
variées, bien que localement menacée par des espèces introduites
devenues invasives. Contrairement à la Guyane, on
n’y trouve aucun grand mammifère
sauvage (jaguar ou autres fauves par exemple). En revanche, de
nombreuses espèces endémiques y sont répertoriées. Souvent menacées,
comme leur habitat par la périurbanisation[8],
elles font l’objet de plans de sauvegarde.
Net-Biome est un
projet coordonné par la région Réunion et aidé par la Commission européenne pour mettre en
réseau (à partir de 2008) les politiques publiques de recherche dans le
domaine de la restauration et gestion durable de la biodiversité tropicale et subtropicale dans les
7 régions ultrapériphériques et la quasi-totalité des Pays et
Territoires d’Outre-Mer de l’UE. Il s'appuiera notamment sur :
En 2009,
une liste des espèces menacées a été établie dans le cadre d'une
mission pilotée par l'Union
internationale pour la conservation de la nature, le Muséum national d'histoire
naturelle et en partenariat avec la Direction régionale de
l'Environnement[9]
Découverte et les
premiers habitants [modifier]
La Réunion est une des seules îles de la région dont les premiers
habitants aient été des Européens. En effet, l’île était totalement
inhabitée avant d’être découverte par des navires européens en route
vers les Indes. Si l’on date sa découverte à 1500, des
explorateurs arabes semblent l’avoir déjà repérée avant.
Un navigateur portugais, Diogo
Dias, y aurait débarqué en juillet 1500. Un
autre navigateur portugais, Pedro de Mascarenhas y débarque le 9 février 1512[13]
ou 1513[14],
jour de la Sainte-Apolline, alors qu’il est sur la route de Goa. L’île
apparaît ensuite sur des cartes portugaises sous le nom de Santa
Apolonia. Vers 1520, La Réunion, l'île
Maurice et Rodrigues sont appelées archipel
des Mascareignes, du nom de Mascarenhas. Aujourd’hui, ces trois
îles sont couramment appelées les Mascareignes.
Au début du XVIIe siècle,
l’île est une escale sur la route des Indes pour les bateaux anglais
et néerlandais.
Le 23 mars 1613,
l’amiral néerlandais Pieter
Willemsz Verhoeff (Pierre-Guillaume Veruff), de retour de Java, fait escale à La Réunion et baptise l’île encore
inhabitée England's forest.
Les Français
y ont ensuite débarqué pour en prendre possession au nom du roi en 1642 et l’ont
baptisée île Bourbon, du nom de la famille royale. En 1646, douze
mutins chassés de Madagascar sont abandonnés à La Réunion.
C'est en 1665
qu'arrivent les vingt premiers colons de l'île de Bourbon. Cinq navires
composaient l’escadre commandée par M. Véron : « l’Aigle blanc », « la
Vierge », le « Bon port », « le Saint-Paul » et « le Taureau ». Le
navire amiral battait pavillon de la Compagnie des Indes Orientales. La
Loire charriait encore des glaçons quand la flotte quitta le quai de la
Fosse à Nantes dans les premiers jours de février 1665. Prenant la
direction des ports et des établissements de la côte de Malabar et du
golfe de Bengale, elle est arrivée à l’île de Bourbon le 9 juillet 1665.
La traversée fut marquée par une tragédie, qui fit douze victimes, lors
de l’escale au Cap Vert le jeudi Saint 4 mars 1665 . Le 11 avril
suivant, ayant rendu à ses morts un dernier hommage, la flotte remit à
la voile. « Elle continua son voyage sans accident », note le
chroniqueur Rennefort.
Parmi les vingt colons venus de France, on note la présence d'Hervé Dannemont (devenu
Dennemont), né le 17 décembre 1635 à Brix (Manche),
fils de Jacques Dannemont, maître verrier et de Marie Lecarpentier. Il a
épousé vers 1668 à Saint-Paul, Léonarde Pillé,
originaire de Granville. Hervé Dennemont serait décédé le 16
novembre 1678. Les Dannemont de Normandie
sont représentés, aujourd'hui, par une trentaine de familles sur l'île
de la Réunion. On les trouve également à l'île Maurice mais aussi à
Madagascar... En Normandie, la famille s'est éteinte au XVIIIe siècle, le nom ayant muté en Dalmont. (Sa
descendance est bien connue grâce à Camille Ricquebourg, auteur du
dictionnaire généalogique des familles de Bourbon).
Françoise
Chatelain de Cressy est arrivée pendant cette période et est à
l’origine de plusieurs familles connues de Bourbon.
À partir de 1715,
l’île connaît un important essor économique avec le développement de la
culture et de l’exportation du café.
Cette culture a été à l’origine du développement considérable de
l’esclavage dans la colonie. Bertrand-François Mahé
de La Bourdonnais, gouverneur de l’île de 1735 à 1745, a
apporté une dimension stratégique au développement de l’île, devenue
pourvoyeuse en vivres de l’île de France (aujourd’hui île
Maurice) et de la flotte française engagée dans la guerre
franco-anglaise des Indes. Citons également le rôle de l’intendant Pierre
Poivre, qui a considérablement enrichi la flore locale et
diversifié les ressources agricoles par l'introduction de très
nombreuses espèces tropicales, et notamment le girofle et la noix de muscade dont le commerce fut florissant au XVIIIe et début du XIXe siècle.
Bouleversements
révolutionnaires [modifier]
Le 19 mars 1793, pendant
la Révolution, son nom devient « île de La
Réunion »[15]
en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des gardes nationaux
parisiens, lors de la marche sur le palais des Tuileries, la journée du 10 août 1792, et pour
effacer le nom de la dynastie des
Bourbons[16].
Le 26 septembre 1806, l’île
prend le nom de Bonaparte et se retrouve en première ligne
dans le conflit franco-anglais pour le contrôle de l’océan Indien.
L'abolition de l'esclavage votée par la Convention nationale le 4 février 1794 se
heurte au refus de son application par La Réunion, comme par l'Île de
France. Une délégation accompagnée de forces militaires, chargée
d'imposer la libération des esclaves, arrive à l'Île de France le 18 juin 1796 pour se
voir aussitôt expulsée sans ménagements. Il s'ensuit une période de
troubles et de contestations du pouvoir de la métropole qui n'a plus
aucune autorité sur les deux îles. Tout rentre dans l'ordre avec le
rétablissement de l'esclavage colonial par Napoléon Ier en 1802.
Pendant les guerres napoléoniennes, en 1810 l’île
passe sous domination britannique, puis est rétrocédée aux Français
lors du traité de Paris en 1814.
Après les catastrophes climatiques de 1806-1807
(cyclones, inondations), la culture du café
décline rapidement pour se voir substituer la culture de la canne à sucre, dont la demande métropolitaine augmente, du
fait de la perte, par la France, de Saint-Domingue,
et bientôt de l’île de France (île
Maurice). Du fait de son cycle de croissance, la canne à sucre est
en effet insensible à l’effet des cyclones. Survenue en 1841, la
découverte d’Edmond Albius sur la pollinisation
manuelle des fleurs
de la vanille
permet bientôt à l’île de devenir le premier producteur mondial de
vanille. Essor également de la culture du géranium dont l’essence est
très utilisée en parfumerie.
De 1838 à 1841, le contre-amiral Anne Chrétien Louis de Hell est
gouverneur de l’île. Un changement profond de la société et des
mentalités liés aux événements des dix dernières années conduisent le
gouverneur à saisir le Conseil colonial de trois projets d’émancipation.
Le 20 décembre 1848, l’abolition de l'esclavage est
finalement proclamée par Sarda Garriga (le
20 décembre est un jour férié à La Réunion). Louis Henri Hubert Delisle
devient son premier gouverneur créole le 8 août 1852 et reste à
ce poste jusqu’au 8 janvier 1858. L’Europe a de plus en plus recours à la betterave
pour remplir ses besoins en sucre.
Malgré sa politique d’aménagement et le recours à l’engagisme,
la crise économique couve et devient patente à compter des années 1870. Par la
suite, le percement du canal
de Suez conduit le trafic marchand à s’éloigner de l’île. Cette
dépression économique n’empêche toutefois pas la modernisation de l’île,
avec le développement du réseau routier, la création du chemin de fer,
la réalisation du port artificiel de la Pointe des Galets. Ces grands
chantiers offrent une alternative bienvenue aux travailleurs agricoles.
Crises et guerres
[modifier]
La seconde moitié du XIXe siècle voit la
population réunionnaise évoluer, par l’arrivée massive d’engagés
indiens dont une partie s’installe définitivement dans l’île, et par la
libération de l’immigration en 1862. De
nombreux Chinois et musulmans indiens s’installent alors, et forment
deux importantes communautés qui participent à la diversification
ethnique et culturelle. À partir de la fin du XIXe siècle,
les sources d’engagements se tarissent peu à peu. Nombre de
propriétaires terriens louent alors leurs terres (pratique du colonage),
d’où l’émergence d’une population de travailleurs agricoles
indépendants.
La participation de La Réunion à la Première Guerre mondiale se traduit
par l’envoi de nombreux Réunionnais aux combats dans la métropole et
sur le front grec. L’aviateur Roland
Garros se couvre de gloire et meurt en plein ciel en 1918. L’amiral
Lucien Lacaze est nommé ministre de la Marine puis ministre
de la Guerre de 1915
à 1917. La
guerre a des conséquences économiques favorables pour La Réunion : la
production de sucre augmente fortement et les cours grimpent, la
métropole étant privée de ses terres betteravières, théâtre des combats.
Pendant l’entre-deux-guerres, la modernisation se poursuit :
l’électricité apparaît dans les foyers aisés, et assure l’éclairage
public de Saint-Denis. Le télégraphe (1923) et la
radio (1926)
mettent les Réunionnais en contact avec le monde. En 1939, 1 500 foyers
privilégiés sont abonnés au téléphone. On voit apparaître automobiles
et avions. L’industrie sucrière se concentre et les sociétés anonymes se
substituent aux exploitants individuels de sucreries. Ces progrès
profitent essentiellement aux foyers de propriétaires terriens,
d’industriels, de cadres, de gros commerçants, et la masse de la
population demeure pauvre. Autre évolution importante de
l’entre-deux-guerres : la mortalité baisse et la natalité, très forte,
augmente, d’où une croissance exponentielle de la population, croissance
qui se poursuit de nos jours.
La Seconde Guerre mondiale [17]
est une épreuve très dure : bien que La Réunion soit épargnée par les
combats, elle souffre terriblement de l’arrêt quasi total de ses
approvisionnements. Le 28 novembre 1942, un
débarquement des Forces françaises libres a lieu sur
l'île : l'administration locale fidèle au gouvernement de Vichy
est renversée, le territoire passant sous contrôle de la France
libre[18].
Départementalisation
et occidentalisation [modifier]
Le 19 mars 1946, La
Réunion devient un département d’outre-mer
français puis, en 1997, l’une des sept régions ultrapériphériques de l’Union européenne.
À la départementalisation, La Réunion est en ruines. Mais la
métropole est amenée à consentir de gros efforts pour la reconstruction
de l’économie et le progrès social. L’instruction obligatoire constitue
un progrès décisif. La mise en place, avec un léger décalage, du système
de sécurité sociale hexagonal apporte un mieux être considérable. Au
début des années cinquante, le paludisme,
fléau sanitaire majeur depuis un siècle, est éradiqué. Le nombre de
lits d’hôpital triple en dix ans. Il s’ensuit une amélioration
importante de la santé publique, une chute considérable de la mortalité…
et une augmentation galopante de la population, la natalité culminant à
un niveau record proche de 50 pour mille. Dès la fin de la guerre, des
liaisons aériennes régulières mettent La Réunion à trois journées
seulement de la métropole. Autre conséquence de la
départementalisation : une augmentation considérable du nombre de
fonctionnaires, bien rémunérés, qui génèrent un flux commercial nouveau
provoquant l’émergence d’une classe moyenne vivant du commerce,
d’activités libérales et de fonctions d’encadrement. L’élection de Michel Debré à la députation, en 1962, apporte
un atout considérable au développement, du fait de la dimension du
personnage et de son poids politique en métropole.
Dans les années 1970 et 80,
La Réunion accède vraiment à la modernité. Une université apparaît et
se développe, ainsi que l’enseignement technique. La télévision
supplante la radio. Les commerçants abandonnent leurs « boutiques
chinois » et « bazar zarabs » pour créer supérettes et supermarchés. Le
tourisme commence à se développer. Le réseau routier se densifie et se
modernise, mais le parc automobile évolue plus rapidement encore !
L’habitat s’améliore, et la construction de logements, dopée par des
avantages fiscaux spécifiques aux DOM, est très active. L’économie
change. Dans l’agriculture, les cultures maraîchères et fruitières,
l’élevage se développent pour satisfaire les besoins d’une population
qui augmente et consomme. La canne à sucre, toutefois, maintient son
rang de première production agricole. Le BTP se porte bien. Mais c’est
désormais le secteur tertiaire qui tire l’économie : commerce, services,
et, de plus en plus, tourisme. Aujourd’hui, le tourisme est la première
activité de l’île, avec la construction.
En mai
2004, la Commission de l'Union africaine émet un Plan stratégique dans
lequel le continent africain désigne l'occupation étrangère de La
Réunion considérée comme africaine[19].
Administration
[modifier]
Statut juridique
[modifier]
L'hôtel du département, couramment appelé Palais de La Source, à
Saint-Denis
La Réunion est à la fois une région administrative française
et un département. Elle est composée, à
l’image des autres régions d’outre-mer, d’un département unique. Le conseil général, le conseil régional et le préfet siègent au
chef-lieu Saint-Denis de La Réunion. Il a été
question plus pour des raisons de tactique électorale que d’efficacité
dans l’organisation administrative de scinder l’île en deux
départements : voir Bidépartementalisation.
Elle compte 24 communes organisées en 5 communautés de communes.
Alors que la période féodale a installé de nombreux drapeaux
et blasons en France métropolitaine, La Réunion n’a
jamais possédé de drapeau officiel autre que celui de la nation.
Cependant un blason a été créé pour l’île par l’ancien gouverneur,
Merwart, à l’occasion de l’exposition coloniale de 1925, organisée à
Petite-île. Merwart, membre de la Société des Sciences
et Arts de La Réunion, a voulu rassembler toute l’histoire de l’île
sur ce blason. Sa devise « Florebo quocumque ferar » est
celle de la Compagnie des Indes
Orientales et signifie « Je fleurirai partout où je serai portée ».
La frise en lianes de vanille honore une culture alors florissante. En
haut à gauche : l’île vierge. « M M M » est un chiffre romain qui
rappelle l’altitude des plus hauts sommets. En haut à droite : le navire
le Saint-Alexis qui assura la première prise de possession de l’île. En
bas à gauche : les fleurs de lis de l’époque royale. En bas à droite :
les abeilles impériales. Au centre le drapeau républicain français.
Comme Mayotte,
l’île est membre de la Commission de l'océan Indien.
La Réunion est une base accueillant les infrastructures du Frenchelon
et de l’ensemble
mobile écoute et recherche automatique des émissions.
Les partis politiques réunionnais sont à peu de choses près les
filiales ou les homologues de ceux de métropole, Le Parti communiste réunionnais a
néanmoins quelques revendications autonomistes ; on trouve le même
reflet pour les organisations syndicales. La vie politique, comme les
mouvements revendicatifs, est étroitement déterminée par les échéances,
les mesures gouvernementales et les mobilisations de la métropole.
Constitution de la
population réunionnaise [modifier]
La population de La Réunion est composée de populations issues de Madagascar,
de l’est de l’Afrique continentale (les Cafres), de l'ouest et du sud-est de l’Inde,
le Gujarat
(les Zarabes) et le Tamil
Nadu (les Malbars) ainsi que du sud de la Chine
notamment de Guangzhou (Canton) et bien sûr
d’Europe,
toutes arrivées dans l’île au cours des différentes phases de la
colonisation et du développement de l’île. Aujourd'hui, la population de
l'île est particulièrement métissée.
Les premiers colons, au XVIIe siècle, sont
des Européens, essentiellement des Français, accompagnés parfois
d’épouses malgaches et de serviteurs du même pays (on ne peut pas encore
les désigner comme esclaves). À partir de l’essor de la culture du café
(1718), le
recours à l’esclavage s’intensifie et draine vers l’île Bourbon des
flux considérables d’asservis venus essentiellement de Madagascar et
d’Afrique orientale, mais également d’Inde, de Malaisie… Les esclaves
constituent les trois quarts de la population à la fin du XVIIIe siècle (37 000 esclaves en 1789[20].
Au début du XIXe siècle, l’esclavage est
contesté, tant du point de vue moral que du point de vue de
l’efficacité économique, et il apparaît un faible courant d’immigration
d’engagés (travailleurs « libres » qui s’engagent à travailler un
certain nombre d’années chez un maître).
Après l’abolition de l'esclavage, en décembre 1848, les exploitants se tournent vers l’engagement,
qui apporte un flux important de travailleurs venus d’Inde
(essentiellement de la côte de Coromandel, précisément du Tamil Nadu, au
sud-est du sous-continent, et non de la côte de
Malabar, au sud-ouest d’où l’on a tiré par erreur l’appellation
locale « malbars » désignant ce groupe ethnique), de Madagascar, d’Asie
du Sud-Est, de Chine… En outre, la fin du XIXe siècle
voit arriver de la province de Guangdong
des paysans cantonais qui, fuyant la pauvreté et plus tard les
bombardements japonais, œuvrent d’abord dans l’agriculture avant de
s’installer dans le commerce de détail. Toutes ces communautés ont
tendance à se fondre dans un creuset, dont résulte un métissage qui fait
émerger un type « créole », et également une culture créole…
La période esclavagiste a constitué une époque de racisme exacerbé,
et d’antagonisme fort entre les communautés. Les préjugés raciaux sont
restés vivaces jusqu’après la deuxième guerre mondiale. La population
réunionnaise s’est alors rapidement transformée, avec la généralisation
de l’éducation, la démocratisation résultant de la départementalisation,
le progrès économique qui a profité aux membres des diverses
communautés en faisant émerger de nouveaux secteurs d’activité
profitables aux diverses communautés, ce qui a complètement changé
l’échelle sociale. Un métissage accru fait que l’on distingue de moins
en moins les ethnies. Les préjugés raciaux auraient ainsi pratiquement
disparu. Si La Réunion constitue un modèle pour l’harmonie ethnique, les
disparités demeurent fortes au plan des revenus, de la formation, des
patrimoines. Si les travailleurs indépendants et les salariés disposent
de revenus corrects, voire confortables, la masse des chômeurs (30%, et
50 % chez les jeunes), des RMIstes (plus de 67 000, 8,5% de la
population) constitue le problème majeur auquel est confronté l’île.
L’émigration, bien qu’active, ne peut à elle seule résoudre le problème.
La croissance économique forte n’a qu’un effet limité en termes de
baisse du chômage.
Daniel Vaxelaire, journaliste, historien, écrivain,
auteur de différents ouvrages sur La Réunion, explique dans son Histoire
de La Réunion des origines à 1848, que le métissage est l’un des
traits caractéristiques de l’île, dès l’arrivée des premiers colons.
Ceux-ci ont en effet épousé peu après leur installation dans l’île, des
femmes venues de Madagascar et des métisses indo-portugaises, avec
lesquelles ils ont conçu les premiers enfants nés à La Réunion. Ainsi
donc, les premiers enfants nés sur cette île verte et non habitée
étaient déjà métis.
Ce métissage précoce a probablement permis d’atténuer plus rapidement
les douleurs de la période esclavagiste, qui s’est achevée le 20 décembre 1848 à La Réunion, une date fériée depuis 1981,
commémorée localement sous l’appellation Fête Caf' (« Fête des
Cafres »).
Langues et
religions [modifier]
La langue officielle est le français,
même si la langue vernaculaire est le créole réunionnais langue structurée sur
le français dominant et née des concessions langagières des divers
peuples migrants pour se comprendre.
Le passage du créole au français s'est fait au cours des siècles.
Bénéficiant aujourd'hui de plus de reconnaissance, le créole réunionnais
peut être enseigné aux établissements scolaires du secondaire depuis
2001 sous le cadre d'une option "Langue et culture régionales"[21].
Bien plus qu'un système de communication, elle est une manière de
penser, d'être, de vivre ensemble. La langue réunionnaise aura été le
premier vecteur de l’unité de cette population multiculturelle.
Un temple tamoul à La Réunion
Du fait des différentes origines de la population réunionnaise, les
principales religions pratiquées dans l’île sont le christianisme
(essentiellement catholique romain, mais aussi protestant), les bahá'is
(Foi Bahá'ie) sont présent depuis 1953, l’hindouisme
(tamouls),
l’islam
majoritairement sunnite et le judaïsme.
La communauté chinoise vénérant pour sa part le héros guerrier devenu
dieu, Guan Di.
Diverses manifestations spirituelles jalonnent aujourd’hui l’année
civile, Dipavali, Noël, Ramadan,
Pandialé, Carême,
commémorations sacrificielles du mouton et du cabri.
Infrastructures
[modifier]
Science et
éducation [modifier]
Science et recherche à
La Réunion [modifier]
Énergie et gestion de
l'environnement [modifier]
La topographie montagneuse, le développement urbain, la concentration
des activités humaines sur le littoral
font du réseau routier un sujet de préoccupation
constant pour le développement économique de l’ensemble de l’île. À
l’initiative du conseil régional et avec le
concours de l’État et de l’Union européenne deux projets d’envergure ont été lancés
en 2003 pour un montant estimé à plus de deux milliards d’euros, la route des Tamarins, axe autoroutier transversal reliant à
mi-hauteur le nord au sud, et le Tram-Train pour définitivement sécuriser et
désengorger la liaison nord-ouest du chef-lieu.
Transports
routiers [modifier]
L’île de La Réunion comptait en 2004 près de
300 000 véhicules particuliers, soit environ une voiture pour deux
habitants. Malgré l’importance du parc automobile, l’équipement des
ménages reste sensiblement inférieur à celui de la France
métropolitaine. On estime qu’à l’horizon 2020, le parc
automobile à La Réunion pourrait atteindre environ 500 000 véhicules,
pour un niveau d’équipement des ménages proche de celui de la France
métropolitaine en 1999.
Transports
maritimes [modifier]
Le principal port de l'île est situé sur le territoire communal du Port, dans le nord-ouest de l'île, il est
le seul port de France à cumuler les cinq fonctions de gare maritime, port de commerce,port de plaisance, port de pêche et base
navale (3ème base navale française après Brest et Toulon).
Il est géré par la Chambre de
commerce et d'industrie de La Réunion.
Transport
aérien [modifier]
avion décollant de l'aéroport Roland Garros
L’île de La Réunion dispose de deux aéroports
internationaux :
- l’aéroport Roland-Garros,
le plus grand, est situé à Sainte-Marie près de Saint-Denis, au nord de l’île ; en
liaison directe avec les villes de Métropole, de Paris, Marseille,
Lyon, Toulouse,
Nantes,
mais également d'autres villes internationales Antananarivo,
Nosy-Be, Johannesburg,
Nouméa,
Bangkok,
Sydney...
- l’aéroport de Pierrefonds situé à Saint-Pierre, dans le sud, n’a
pour l’heure qu’une capacité limitée à la fonction de navette vers
l’aéroport principal et d’aérogare pour les vols insulaires régionaux,
en direction de l’île
Maurice, Madagascar, Mayotte
notamment.