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Mayotte

Mayotte est une collectivité d'outre-mer française. Elle fait partie de l'archipel des Comores, au nord-ouest de Madagascar.

Bien que son statut ait été plusieurs fois contesté par les Comores, les Nations unies et l'Union africaine, les Mahorais se sont prononcés à 72,94 % en sa faveur (2 juillet 2000). Suite à la consultation référendaire de la population du 29 mars 2009 (95,2 % de votes favorables), elle deviendra en 2011 un département d'outre-mer de la République française régi par l'article 73 de la Constitution[3]. Son code INSEE est 97-6[4].

Mayotte est constituée principalement de deux îles, Grande Terre et Petite Terre. Elle se situe dans le canal de Mozambique, dans l'océan Indien. Ses habitants sont appelés les Mahorais. Elle a la seconde plus forte densité des DOM-TOM, juste après Saint-Martin, avec 499 hab./km².

Temps anciens [modifier]

Les VIIIe et IXe siècles voient les premières installations humaines. Il semble que les premiers habitants appartiennent déjà aux premiers peuples swahilis, caractérisés par une riche culture répandue sur l'ensemble des rivages de l'Afrique orientale de la Somalie au Mozambique[5]. Mayotte et Anjouan ont été occupées apparemment plus tardivement car les deux îles se différencient de l'ensemble des Comores par une évolution linguistique spécifique. La civilisation swahilie qui aborde ces îles inoccupées est donc d'emblée sophistiquée. Le commerce maritime, très actif dès cette époque, atteste de contacts avec le Moyen-Orient islamisé.

Aux XIIIe et XVe siècles, l'île est sous la domination de chefs islamisés, les Fani. Les contacts culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants.

Vers 1470, le sultanat shirazi s'établit et est reconnu jusqu'au début du XIXe siècle. Le dernier sultan shirazien est renversé par Andriantsoly, un dynaste sakalave qui, débarqué de Nosy Be, s'impose entre 1828 et 1831.

Temps modernes [modifier]

En 1503, l'île de Mahore est mentionnée par une escadre portugaise qui l'aborde, et d'après les archives de l'amirauté portugaise, elle est cartographiée par Diego Ribeiro en 1527[6]. Ce repérage soigneux permet de l'éviter à la façon des convois de boutres qui ont sillonné de manière multiséculaire le détroit du Mozambique. C'est pourquoi tout au long des XVIe et XVIIIe siècles, l'île n'est pas un lieu d'escale ordinaire pour les grandes flottes et n'accueille que quelques grands navires européens égarés et prudents, venus par nécessité s'y ravitailler.

De 1742 à 1791, le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives pour conquérir le sultanat de Mayotte. De 1795 à 1820, les razzias des pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisaraka) dépeuplent considérablement l'île.

Les influences venues de l'ensemble de l'océan indien, mais aussi de la côte africaine, chamboulé par l'irruption des Bantous, et de la côte malgache ne cessent de façonner la société swahilie îlienne. Une immigration bantoue et malgache commence insensiblement[7]. Des Malgaches, essentiellement sakalaves, prennent le contrôle du sud et d'une partie ponctuelle de l'est de l'île.

Après 1832, l'île passe sous la domination de Andriantsoly, ancien roi Sakalava du Iboina à Madagascar, appelé par le sultan shirazi de Mahore et les occupants méridionaux malgaches pour arbitrer leurs conflits et empêcher les agressions extérieures. Guerrier converti à l'islam ayant épousé la fille du sultan et aussi diplomate respecté auprès des communautés swahilies et malgaches, Andrian Souly devient ensuite le sultan reconnu de l'île dont il s'efforce de préserver la souveraineté malgré les continuelles hostilités et menaces. Suite à la prise de Nosy Be (Madagascar) en 1840, les Français prennent connaissance de la présence de ce sultan, ancien roi Sakalava, à Mayotte, qui demande une protection maritime.

Présence française [modifier]

Mayotte devient colonie française après son achat au vieux sultan le 25 avril 1841, alors que la rivalité franco-britannique pour le contrôle des autres îles s'initie lentement avant de tourner à l'avantage de la France[8]. En 1886, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan deviennent protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte tandis que Mayotte, quant à elle, garde un statut de colonie. À partir de 1908, l'ensemble des Comores est intégré sous l'autorité du gouvernement général de Madagascar et dépendances.

En 1946, les Comores sont séparés de Madagascar et deviennent un territoire d'outre-mer. Après avoir refusé d'accéder à l'indépendance lors du referendum de 1958 organisé par le Général De Gaulle, les Comores obtiennent le 22 décembre 1961 (loi no 1412) un statut d'autonomie interne (qui sera élargie en 1968 par la loi no 6804). Ce statut d'autonomie interne donne jour à un Gouvernement comorien élu par l'Assemblée Territoriale. De 1961 à 1970, l'ancien député Said Mohamed Cheikh est élu Président du Conseil de gouvernement jusqu'à sa mort le 16 mars 1970. C'est durant cette période, en 1966, que la capitale Dzaoudzi (Mayotte) est transférée à Moroni, huit ans après la décision du transfert[9].

Au cours de cette période naissent les premiers mouvements politiques qui contestent le pouvoir de Saïd Mohamed Cheikh et pour certains, réclament l'indépendance. D'autres, comme le Mouvement Populaire Mahorais (ancien UDIM : Union pour la Défense des Intérêts de Mayotte) réclament au départ plus d'autonomie vis-à-vis des autres îles. Par la suite, le mouvement se radicalise et demande la séparation de Mayotte et les autres îles et notamment la Départementalisation de Mayotte. Né en 1958, l'UDIM est un mouvement créé par un créole natif de Sainte-Marie : Georges Nahouda. Mort en 1958, c'est son neveu, Marcel Henry, qui poursuit le combat avec la création du MPM. Associé à une partie de l'élite mahoraise ( dont Younoussa Bamana), Marcel Henry poursuivra le combat pour Mayotte française jusqu'au bout. Soutenu par le mouvement français politique Action Française, un groupuscule royaliste, dont se trouve à la tête Alain Poher, Pierre Pujo, le MPM obtient le soutien d'une partie importante de la classe politique française.

Cependant, dans les années 1960 d'autres mouvements politiques voient le jour dont le Parti "Serrez-la-main". Ce parti revendiquait l'indépendance de Mayotte vis-à-vis de la France. Nombres d'échauffourées eurent lieu entre ce dernier et le MPM.

Le 25 août 1972, le Comité spécial de la décolonisation de l'Organisation des Nations unies inscrit l'archipel des Comores à sa liste des territoires devant accéder à l'autodétermination. Le 15 juin 1973, la France et les Comores signent des accords relatifs à l'accession à l'indépendance. Le 22 décembre 1974, la France organise aux Comores un référendum pour plébisciter l'indépendance du territoire. Il s'agissait d'un referendum qui devait statuer sur une réponse de l'ensemble du territoire. Mayotte se singularise en votant en majorité pour le maintien des Comores au sein de la République française. Le suffrage est de plus de 90% pour l'indépendance du territoire. Face aux divisions internes, le gouvernement français ne valide pas le référendum et en propose un nouveau dont les résultats de celui-ci ne seraient considérés que "île par île". A cela, le président du Conseil de Gouvernement, Ahmed Abdallah déclarent l'indépendance des Comores unilatéralement, sans l'accord de la France. Mayotte reste cependant sous administration française au détriment de la déclaration du gouvernement comorien.

L'Union des Comores revendique Mayotte et refuse cette séparation qui remet en cause l'intégrité territoriale de l'archipel. L'Union africaine considère ce territoire comme occupé par une puissance étrangère[10].

Un second référendum a lieu en 1976[11], qui confirme le choix de la population de Mayotte de rester au sein de la république française. L'Assemblée générale des Nations unies considère ce référendum comme nul et non avenu, et condamne la présence française à Mayotte[12]. L'ONU s'appuie sur la déclaration du 14 décembre 1960, « sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples colonisés », point numéro 6 sur la préservation de l'intégrité territoriale, malgré le point numéro 2 sur le droit à l'autodétermination. Dans sa résolution du 28 novembre 1994, l'Assemblée générale de l'ONU a rappelé et confirmé l'appartenance de Mayotte à l'État comorien[13]. Depuis 1995, cependant, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l’Assemblée générale de l'ONU.

L'Union européenne reconnaît ce territoire comme français, avec le statut de PTOM (pays et territoires d'outre-mer) mais pas comme Région ultrapériphérique. Cela explique que Mayotte, contrairement aux DOM, ne figure pas sur les billets en euros.

Suite au référendum sur la départementalisation de Mayotte du 29 mars 2009, Mayotte devrait obtenir en 2011 un statut de département, devenant le 101e département français et le 5e DOM.

Une collectivité française [modifier]

Statut de la collectivité [modifier]

La loi du 11 juillet 2001 relative à Mayotte prévoit l'application progressive du droit commun français à Mayotte, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Mayotte est ainsi une collectivité départementale, dotée d'un conseil général, et d'une administration décentralisée, en place depuis le 1er avril 2004. Depuis 2001, les règles applicables à Mayotte figurent au code général des collectivités territoriales. La loi organique du 21 février 2007 a réécrit ce statut, en prolongeant la logique de la loi de 2001. Enfin, depuis le 1er janvier 2008, hormis quelques matières (fiscalité, urbanisme, droit social...), l'identité législative régit le régime législatif de Mayotte : cela signifie que le droit commun est applicable, comme dans les DOM. À l'issue du renouvellement du conseil général en mars 2008, les conseillers généraux de Mayotte ont adopté le vendredi 18 avril 2008 une résolution (à l'unanimité) invitant le gouvernement français à transformer la collectivité en DOM. Il appartient donc au gouvernement de consulter dans les douze mois la population de Mayotte sur le processus de départementalisation toutefois l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte[14]. La consultation a eu lieu le 29 mars 2009 et les électeurs ont approuvé la départementalisation de Mayotte. Ce nouveau statut entrera en vigueur en 2011[15].

Le statut de DOM est peut-être incompatible avec le maintien du statut personnel (voir plus bas), la question n'est d'ailleurs pas claire à ce sujet, dès lors que par exemple : certains Guyanais disposent d'un tel statut, et que la Constitution « protège » le statut personnel. Cependant, la transformation de Mayotte en DOM permettrait l'attribution du revenu minimum d'insertion, ce qui explique le lobbying d'une grande partie de la classe politique en ce sens.

La décentralisation rencontre des écueils similaires à ceux connus en 1982 en métropole, aggravés par la faiblesse de la pratique démocratique qui est à la fois récente et plaquée sur la culture ancestrale et cosmopolite des habitants de l'île. Le clientélisme est très développé[réf. nécessaire].

L'État français est représenté par un préfet. En matière d'éducation nationale, Mayotte constitue un vice-rectorat.

Les habitants de Mayotte sont représentés à l'Assemblée nationale par un député, depuis juin 2007 Abdoulatifou Aly (Force de l'Alternance du MDM, affilié au MoDem) ainsi qu'au Sénat par deux sénateurs : Soibahaddine Ibrahim (UMP) et Adrien Giraud (UDF).

Un futur département français [modifier]

Le 29 mars 2009 a eu lieu un référendum pour savoir si Mayotte devait devenir département français[16], selon l'engagement du président de la République, Nicolas Sarkozy. L'ensemble des organisations politiques locales se sont prononcées en faveur du « oui ». La participation a été marquée par une forte abstention (41,19 %). Le « oui » l'a emporté avec plus de 95,2 % des suffrages exprimés, soit 56 % des électeurs.

Mayotte deviendra donc en 2011[17] le 101e département français et le cinquième en Outre-mer avec la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion. Il s'agira en fait d'une « collectivité unique », la même assemblée exerçant les compétences du conseil général et celles du conseil régional.

Divisions administratives [modifier]

Communes de Mayotte
Article détaillé : Communes de Mayotte.

Mayotte compte 17 communes. À chaque commune correspond un canton excepté pour Mamoudzou qui en regroupe trois, ce qui fait 19 cantons. Chacune des 17 communes regroupe le plus souvent plusieurs villages.

Les communes les plus peuplées sont celles de Mamoudzou, Koungou et Dzaoudzi.

La propriété du port de Mayotte a été transférée au Conseil général[18].

Élus de Mayotte [modifier]

Histoire politique [modifier]

En 1958, cinq territoires d'outre-mer, faiblement peuplés, choisissent de conserver leur statut et de ne pas devenir des États au sein de la nouvelle Communauté française : il s'agissait de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Côte française des Somalis, de l'archipel des Comores, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Ces TOM continuèrent d'envoyer des représentants à l'Assemblée nationale, mais en raison du délai de l'exercice de l'option, ils ne purent participer aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, les premières de la Ve République. Le siège de député de Mayotte remonte donc à celui des Comores, depuis que, par son vote du 8 février 1976 (« Oui » à 99,4 %) a maintenu ses liens avec la France.

En 1978, c'est l'UDF Younoussa Bamana qui a été le premier député élu, puis réélu, dans cette collectivité territoriale de 19 000 électeurs. Avec l'élection de François Mitterrand, c'est Jean-François Hory, proche du PRG qui est alors élu (alors que Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu 89,9 % des voix peu de temps auparavant). En 1986, c'est un centriste, Henry Jean-Baptiste, qui est élu, puis réélu en 1988 et en 1993, alors que l'île dépasse désormais 30 000 électeurs. Malgré la montée progressive de son rival RPR dissident, Mansour Kamardine, c'est toujours Jean-Baptiste qui est élu en 1997 (51,7 %). Ce n'est qu'en 2002, avec le retrait de ce dernier que Mansour Kamardine est élu au 2e tour député avec l'appui du président du Conseil général, Younoussa Bamana, face au candidat UDF-MDM, Vita Siadi.

En 2007, Abdoulatifou Aly, candidat de la Force de l'Alternance du Mouvement départementaliste mahorais (une dissidence du Mouvement départementaliste mahorais) est élu au second tour des législatives contre Mansour Kamardine. Abdoulatifou Aly appartient au Mouvement démocrate de François Bayrou.

Début 2008, le projet de départementalisation de Mayotte a resurgi. Le secrétaire d'État Roger Karoutchi a annoncé le 24 janvier qu'à l'issue des élections de mars, le conseil général, s'il le souhaitait, adopterait une résolution pour que Mayotte devienne un département-région. Or, suite aux élections cantonales de mars 2008, Ahmed Attoumani Douchina conseiller général du canton de Kani-Keli (UMP), a été élu président du conseil général par 13 voix contre 5 et 1 bulletin nul succédant à Saïd Omar Oili, sans étiquette, président du Nouvel élan pour Mayotte (NEMA). Le nouveau président a été élu par une coalition UMP-PS-MDM (le MDM est issu du Mouvement populaire mahorais), favorable à une telle évolution qui pourrait alors se concrétiser avec l'appui gouvernemental en 2008 ou 2009[19]. Actuellement l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte [14]. Le référendum pour la départementalisation a eu lieu le 29 mars 2009.

Lors de sa visite, le ministre de l'Outre-mer Christian Estrosi à Mayotte a évoqué la possibilité de revenir sur le droit du sol pour décourager l'immigration illégale, mais cette idée n'a pas été reprise par son successeur Yves Jégo. Conformément à la loi de 2000 ouvrant le droit à une consultation sur le transformation du statut de Mayotte en département d'outre-mer, le Conseil général de Mayotte a demandé en avril 2008 une consultation populaire. Ce référendum s'est tenu le 29 mars 2009 a donné un résultat d'environ 95% de "oui" à la départementalisation, qui pourrait être effective en 2011, avec un alignement progressif sur le droit commun[20]. La départementalisation impose des évolutions notables: l'âge légal minimum des femmes pour se marier sera relevé de 15 à 18 ans, les mariages polygames seront interdits, même si les situations acquises ne seront pas remises en cause, la justice cadiale cédera la place à une justice civile. Les minimaux sociaux seront aussi progressivement augmentés, en commençant par les deux seuls en vigueur, ceux pour les adultes handicapés et les personnes âgées. Le RMI, l'allocation parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique, seront versées à partir de 2012, à environ le quart de ce qu'elles représentent en Métropole et seront ensuite progressivement revalorisées sur une période de 20 à 25 ans, en fonction du rythme du développement économique de l'île, mais avec la mise en place d'un cadastre, la taxe d'habitation et la taxe foncière devraient également faire leur apparition.

Démographie [modifier]

Article détaillé : Démographie de Mayotte.

Mayotte a une population très jeune. En 2007, date du dernier recensement, la population était de 186 452 habitants, contre 160 262 habitants en 2002. 62,3 % des habitants sont âgés de moins de 25 ans en 2002.

L'amélioration des conditions d'hygiène, de santé publique (médecine rurale, préventive, gratuite pour tous jusqu'en 2005) et du niveau de vie a eu pour conséquence une diminution du taux de mortalité passé de 25 ‰ habitants lors du recensement de 1958, à 3 ‰ en 2004. Même si l’on assiste à une baisse de la natalité, celle-ci reste encore forte, avec un indice synthétique de fécondité de 4.5 enfants par femme en 2004 contre 8.1 en 1978[21].

Quant au taux d'accroissement annuel de la population, il est l'un des plus forts de l'outre-mer français avec 5,8 ‰.

Santé [modifier]

Mamoudzou est l'unique ville où se trouve un hôpital, dont une annexe est ouverte à Dzaoudzi, sur Petite-Terre. Des maternités dites intercommunales sont ouvertes : Mramadoudou au sud de l'île (2005) et Kahani commune de Ouangani au centre (2006). La maternité de Dzoumogné au nord est en cours de construction par la société SMTPC filiale du groupe VINCI.

Cela dit, la grande majorité des naissances a lieu à Mamoudzou : 54 % des naissances annuelles dans l'île en 2003, 57,3 % en 2004 [21].

Depuis le 1er avril 2005, les soins ne sont plus gratuits sur le territoire. Les patients doivent présenter une carte de Sécurité sociale ou acquitter un droit forfaitaire auprès des structures de soins publics ou des honoraires auprès d'un médecin privé.

Il existe aussi des dispensaires dans les villages, qui se partagent les rares médecins de garde.

Depuis 2005, des infirmiers s'installent en libéraux, assurant les soins à domicile.

Le chikungunya est persistant à Mayotte.

Géodescription [modifier]

Carte topographique de Mayotte

Mayotte est la plus ancienne des quatre grandes îles de l'archipel des Comores, chapelets de terres qui émergent au-dessus d'un relief sous-marin en forme de croissant de lune, à l'entrée du canal du Mozambique. Située à 250 km Ouest de Madagascar et à trente km Sud-Sud-Ouest d'Anjouan, visible le soir en ombre chinoise, elle est composée de plusieurs îles et îlots couverts d'une végétation exubérante, les deux plus grandes sont Grande Terre et Pamandzi encore appelée Petite Terre adossée à une barrière de corail.

Ce récif de corail de 160 km de long entoure un lagon de 1 100 km², un des plus grands du monde. Il protège des courants marins la quasi- totalité de Mayotte, à l'exception d'une douzaine de passes, dont une à l'est appelée Passe en S. Le lagon d'une largeur moyenne de 5 à 10 km possède des fonds exceptionnels jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. Il est parsemé d'une centaine d'îlots coralliens dont certains comme M'Zamboro sont de toute beauté. Ce récif procure un abri aux bateaux et à la riche faune océanique. L'activité volcanique à l'origine de la création des îles rend le sol particulièrement fertile.

Une formation géologique récente [modifier]

Les îles qui forment Mayotte sont géologiquement les plus anciennes de l'archipel des Comores. Leur âge à partir de de neuf millions d'année va en décroissant du sud-est (Mayotte) au nord-ouest (Grande Comore), bien que l'on observe tant sur la Grande Terre que sur l'îlot de Pamandzi, des appareils très récents (maars).

L'ensemble insulaire est un vaste bouclier volcanique de laves alcalines avec extrusions phonolitiques comme à Choungui, relief en forme de boule conique dont un cinquième est encore émergé. Le centre de l'appareil se situe en mer, à l'ouest. Une subsidence importante a eu lieu, permettant notamment l'implantation d'une couronne récifale exceptionnelle autour des reliefs résiduels.

La croissance corallienne, créatrice de calcaires blancs, a pris le relais des terres émergées, caractérisées par des roches basaltiques noires, et soumises à l'érosion. Pendant les grandes glaciations continentales, il y a 20 000 ans, l'abaissement des niveaux marins de plus de cent mètres a vidé les lagons et laissé les récifs moribonds. Les grandes rivières africaines, un temps retenues, ont percé les passes dans les barrières. Puis, avec les remontées marines causées par les puissants réchauffements climatiques post-glaciaires, les coraux ont repris leur ardeur bâtisseuse.

Le contraste entre géochimies corallienne et volcanique est en particulier pleinement visible sur les plages du nord de la Grande Terre, près de l'île de Mtsamboro. Les récifs de pierres noires, annonciateur de la terre, apparaissent sur la plage blanche de sables détritiques coralliens.

L'île de Grande Terre possède de fortes pentes, et surtout au voisinage des crêtes, une érosion tropicale emporte la fragile végétation colonisant les padza[22]. Les forestiers essaient de fixer le sol dégradé par des plantations d'acacias.

Géographie insulaire [modifier]

Article détaillé : Géographie de Mayotte.

Autrefois mis à part les rivages et les petites îles facilement accessibles par les pirogues à balanciers ou les bateaux, mais aujourd'hui presque partout pour les critères d'une économie moderne d'échanges, le monde mahorain, et au centre la Grande Terre, reste enclavé. Les pistes et les sentes des années 1970 ont laissé la place au cours des deux dernières décennies du millénaires à plus de 230 kilomètres de routes asphaltées et à 150 kilomètres de sentiers de randonnées balisés.

  • Grande Terre, 363 km², mesure 39 kilomètres de long par 22 kilomètres de large. Ses points culminants sont : Mont Bénara ou Mavingoni (660 m), Mont Choungui (594 m), Mont Mtsapéré (572 m) et Mont Combani (477). Elle abrite Mamoudzou, qui est le chef-lieu et la capitale économique de Mayotte.
  • Petite Terre (ou île Pamandzi), abrite Dzaoudzi-Labattoir, Pamandzi (et l'aéroport). Elle fait 11 km².
  • L'îlot M'Zamboro est la troisième île par sa dimension, elle est habitée de façon permanente entre autres par des pêcheurs et est réputé pour sa culture d'orange.
  • L'îlot Bouzy
« La Barge », le moyen de transport entre Mamoudzou (Grande terre) et Dzaoudzi (Pamandzi).

Climat [modifier]

Le climat est tropical de type maritime, les températures moyennes oscillent entre 23 et 30 °C et le taux d'hygrométrie dépasse souvent 85%. La saison chaude et humide, saison des pluies, va de novembre à avril/mai et les températures moyennes diurnes varient entre 27 à 30° C. Dzaoudzi reçoit ainsi plus d'un mètre d'eau durant une année, les précipitations sont maximales en janvier, apportées par des vents de Nord-Est. La saison sèche de mai à octobre est plus fraiche, de 22 à 25 °C.

Les vent dominants selon les saisons sèches et humides sont l'alizé du Sud-Ouest et la mousson du Nord-Ouest. La température de la mer oscille autour de 25,6 °C. Les tempêtes cycloniques, accrues tout au long de leurs parcours par la chaleur échangée avec les eaux maritimes de surface chaudes, peuvent dévaster végétation et habitation, ainsi les cyclones de 1898, de 1950, d'avril 1984 ou de janvier 1987.

Nature [modifier]

Un maki de Mayotte (Eulemur fulvus mayottensis).
Articles détaillés : Faune des Comores et Flore des Comores.

Si les eaux chaudes du lagon peuvent abriter les baleines accoucheuses vivant sur leurs réserves de graisses australes, puis leurs petits en lactation, les tortues marines viennent pondre sur les plages au voisinage de leurs herbiers. Le lagon est nourricier pour les poissons, les mangroves jouent un rôle de nettoyage écologique, entravant l'écoulement des sédiments, augmentant la densité animale et végétale, notamment des espèces piscicoles au stade juvénile.

A proximité des herbiers à tortues et de leurs plages immémoriales, poussent de majestueux baobabs Adansonia digitata qui abritent parfois des colonies de roussettes, cette chauve-souris géante et frugivore. Ces paysages ne sont pas imaginaires, il existe encore dans le sud de la Grande-Terre, à la pointe de Saziley, à Ngouja ou au nord de Petite-Terre.

Il existe une centaine d'espèces d'oiseaux, la plupart typiques des terres africaines et malgaches voisines.

Mayotte était initialement très riche en biodiversité, mais la forêt primaire y a récemment disparu, entraînant des risques d'instabilité pour les terrains et le littoral ainsi qu'une pollution et dégradation du lagon, alors que la pression foncière et la démographie ne cessent de croître.

Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont notamment les espèces introduites et éventuellement invasives, avec risques croissants d'invasion biologique ; la fragmentation par les routes, qui dégradent l'intégrité écologique de l'île ; les impacts du tourisme ; la dégradation des récifs coralliens par la pollution et par accumulations de sédiments terrigènes (déjà plusieurs km2 sont touchés dans les lagons de Rodrigues et de Mayotte d'où ont disparu les scléractiniaires, suite à la destruction des forêts qui protégeaient les sols de l'érosion. Engrais et pesticides,comme le DTT, peuvent aussi être emportés par les eaux pluviales et favoriser voire rendre permanent le blanchiment des coraux (coral bleaching)[23]. La collecte de coquillage, la pêche excessive et certaines activités extractives (sable corallien), l'agriculture et la divagation d'animaux peuvent aussi avoir des impacts négatifs.

Zone naturelle :

  • Parc marin de Saziley où la tortue marine verte est protégée.
  • Îlot Bouzy (Forêt tropicale sèche) où vit en joyeuses bandes le maki de Mayotte, lémurien agile qui se nourrit de fruits et de feuilles.

Culture mahoraise [modifier]

Article détaillé : Culture des Comores.

Plusieurs cultures se côtoient à Mayotte, mais la culture mahoraise qui concerne il y a quarante ans 60% de la population s'est imposée progressivement sous une forme syncrétique à l'ensemble de la population locale. Il reste toutefois dans le sud de l'île des isolats d'une seconde culture malgache, toutefois fortement marquée par la culture mahoraise au point de n'être difficilement discernable qu'au regard avisé. Enfin la culture française comme d'une manière générale, la civilisation occidentale moderne imprègne de plus en plus la culture locale.

Langues [modifier]

Le français est la langue officielle. Mais il n'est pas la koinè des personnes âgées originaires du monde traditionnel de l'île. Celles-ci, ainsi qu'une minorité de plus jeunes, peuvent néanmoins maîtriser plusieurs langues africaines comme le shimaore, le Kiantalaotsi ou bien encore tenter de préserver un dialecte malgache, le shibushi, autrefois parler vernaculaire dans le sud de Grande Terre. La première, le shimaore varie sensiblement d'un village à l'autre, même si les variantes dialectales sont proches.

La langue mahoraise a largement été modifiée au cours du temps, notamment du fait des anciens exilés, des nouveaux migrants et des métropolitains. On estime que l'illettrisme en français concernait en 2000 environ 35 % des hommes et 40 % des femmes. Toutefois cet illettrisme français est aussi causé par une piètre familiarité avec l'alphabet latin. L'illettrisme en arabe est moindre car la langue et l' alphabet arabes sont enseignés avec assiduité dans les écoles coraniques ou médersas.

Cultures traditionnelles [modifier]

La société mahoraise traditionnelle est matriarcale. La femme a un rôle déterminant, des tâches économiques de base à la politique en passant par la vie associative. Une femme à toute âge ne peut que s'épanouir ou aller vers le succès de ses diverses entreprises alors que l'homme a atteint sa plénitude à son mariage. A cette occasion autrefois fort coûteuse pour la gent masculine, la femme reçoit cadeaux et bijoux, autrefois en or, qu'elle portait ensuite pour afficher son statut social. L'autorité de la mère, possédant biens et maisons, forte d'avoir élevé ses enfants et assemblé sa parentèle ou sa descendance, pouvait chasser ou sauver son conjoint lorsque les critères sociaux, communément constatés par la communauté villageoise, avaient confirmé la déchéance maritale. D'une manière générale, c'est l'autorité de l'épouse active qui protège sur ce plan mari et foyer. Il va de soi que l'importance de la soeur d'un mari jouait un rôle crucial en cas de dispute familiale, au cas où celle-ci avait un rang au moins similaire à sa belle-soeur.

Le deba est une rencontre sous forme de chant et de danse religieux. Les femmes vêtues de chatoyants lambas au motifs similaires, et assemblées d'après des critères d'appartenance à une même petite communauté forment un choeur lancinant, laissant aux hommes l'apport musical rythmé. Ainsi s'organise une forme de rivalité chorégraphique entre villages.

Soins et habits féminins traditionnels [modifier]

Il est commun d'observer des masques de beauté, principalement à base de bois de santal râpé mélangé à de l'eau, sur les visages féminins. Les cheveux, après un lavage avec une décoction de kapokier, était parfumés et tressée de façon savante. La chevelure était agrémentée avec des fleurs choisies pour les fêtes.

Le vêtement traditionnel féminin s'appelle le lamba. Il se compose de deux parties : le saluva qui est un paréo, c'est-à-dire une jupe et le kishali, pièce de tissu qui se porte en châle, sur les épaules ou parfois replié sur la tête. Il servait autrefois de signes de reconnaissance communautaire.

Traditions masculines et jeux virils d'autrefois [modifier]

Les jeunes hommes après l'adolescence quittent la case familiale ou maternelle et construisent des bangas, petites maisons dont le toit était autrefois en bois, en bambou ou en raphia et qui leur permettent de s'initier à la vie adulte en y invitant les filles auxquelles ils peuvent se fiancer.

Un homme marié trouve à ne pas perdre son prestige en initiant ses neveux. Ainsi le meilleur pédagogue des techniques traditionnelles, conservait un statut particulier au sein de sa famille et de sa communauté.

Le moringue ou mouringué, analogue à la capoeira brésilienne, était pratiqué, jusqu'à la fin des années 1980, entre villages rivaux. Il a, actuellement, presque disparu. On peut encore avoir l'occasion d'assister au moringue mahorais durant le mois de ramadan : "Au coucher du soleil, après avoir bien mangé, les gens se regroupent sur la place publique, tapent sur les tam-tam et pratiquent le moringue.
La seule différence avec la capoeira est que cette dernière se rapproche d'arts martiaux alors que le moringue n'a strictement aucun enseignement ni règle réellement définie. Des règles, il y en a, comme obligation de combattre à mains nues, et auparavant chacun des deux protagonistes pose son pied sur celui de l'autre et vice versa, empêchant ainsi la fuite. La rancune reste interdite une fois le combat fini et en dehors de celui-ci. S'il doit y avoir vengeance, celle-ci se fera à un prochain mouringué, ou lors du même moringué. Mais le "moringue" est considéré, par les mahorais (habitants de Mayotte) comme un jeu, il est et reste aussi un moyen de règlement d'éventuels différends. C'est aussi un moment de convivialité. Les lutteurs deviennent très souvent amis après la lutte. Auparavant, le moringué se faisait entre villages voisins, et peu importe la distance, on se déplaçait à pied. Des mouringués se font aussi tout autour de l'île et des invitations orales convient tout le monde à rejoindre le lieu dit. Un lutteur peut défier jusqu'à quatre adversaires ou plus en même temps, le nombre de combats n'est pas limité. Il peut être culturel ou sauvage et barbare, selon le fait qu'il soit organisé en ville ou en brousse, constat d'un reporter local.

Spectacles, musique et carnaval modernes [modifier]

De nombreux écrivains locaux racontent l'île à travers leurs ouvrages. Des spectacles divers illuminent les veillées des week-ends, du théâtre à la tradition locale en passant par la musique. Mayotte connait différentes sortes de musique dont le « m'godro », musique locale s'inspirant du salégy ou saleg, une musique malgache.

Un carnaval scolaire se perpétue vers les mois de juin-juillet. Au cours de l'année scolaire, les élèves organisent et préparent cet événement. Aidés des enseignants, ils illustrent le thème de l'année et le parfont. Celui-ci a souvent pour but d'informer et de sensibiliser la population et les jeunes, le sujet change chaque année. Dans les années 1990 se sont succédé des idées telles que les pirates, la tortue, et d'autres thématiques axées sur l'environnement et la vie de tous les jours.

Religion [modifier]

De tradition sunnite, introduite par des populations arabo-persanes, tolérante et profondément imprégnée à la culture swahilie des Comores, religion structurant une société teintée de croyances africaines et malgaches, l'islam est pratiqué par 98 % de la population mahoraise. Dès l'âge de 6 ans, les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école primaire de la République.

Incidence juridique : statut personnel [modifier]

Les Mahorais peuvent choisir entre :

  • le statut de droit commun, identique à la métropole (notaires, administrations, tribunaux…),
  • un statut personnel dérogatoire au Code civil et à la laïcité, réservé aux musulmans originaires de Mayotte (ou éventuellement d'autres îles des Comores ou du nord-ouest de Madagascar). Ils peuvent renoncer à ce statut et choisir le statut de droit commun.

En ce qui concerne le statut personnel, la justice est rendue par des juges musulmans, les cadis[24]. C'est le seul territoire d'outre-mer ayant des juridictions spécifiquement compétentes en matière de statut personnel. La loi d'orientation pour l'Outre-mer no 2003-660 du 21 juillet 2003 a aboli la polygamie pour les nouvelles générations en déclarant : « Nul ne peut contracter un nouveau mariage avant la dissolution du ou des précédents. Le présent article n'est applicable qu’aux personnes accédant à l'âge requis pour se marier au 1er janvier 2003 ». Traditionnellement, la maison appartient à la femme à Mayotte et la répudiation ou le divorce représente donc essentiellement la perte d'un compagnon plutôt que la perte d'un statut social ou économique (les foundis et les aînés veillait à la bonne tenue de la situation économique de la femme même après le départ du mari). le droit des successions (discriminations selon la religion des héritiers), le droit foncier[25]. Toutefois, la polygamie et la répudiation unilatérale ont été abolies pour les personnes qui accèdent à l'âge du mariage à partir de 2005[26]. Un décret du 1er juin 1939, interdit la lapidation des femmes (pour la symbolique puisqu'elle n'a jamais été pratiquée dans l'archipel).

Article connexe : Cadi.

Mosquées [modifier]

Construites autrefois dans la tradition arabo-shirazienne, les mosquées étaient de petite taille avant de subir l'évolution architecturale commune aux rivages africains. La plus ancienne connue en pierre est la mosquée de Chingoni ou Tsingoni. Mais la tradition mahoraise rapporte l'arrivée des premiers musulmans prêchant la parole de paix et de soumission à l'île de Petite Terre ou Dzaoudzi. La Ziyara de Pôlé est considérée dans cette tradition orale comme le lieu saint fondateur, à l'origine de la diffusion de l'Islam sur l'ensemble de l'île. La légitimité du pouvoir sacré des premiers sultans shiraziens émanait de ce lieu saint.

Autres minorités [modifier]

Il existe une minorité chrétienne, essentiellement des créoles des Mascareignes ou des îles environnantes, des descendants de ressortissants malgaches et des métropolitains installés récemment ou en passage plus ou moins éphémère.

Économie [modifier]

Le tertiaire administratif occupe, en 2001, 45% des salariés de l'île. Outre l'administration, les travaux publics, le commerce et ses services associés sont les principaux employeurs. Malgré une croissance de 9% par an, le taux de chômage atteint 22%. Le SMIC Mayotte est de 63% inférieur au SMIC national. Le revenu annuel des ménages était de 9 337 euros en 2005 contre 29 696 euros en métropole. [27]

Agriculture, élevage et pêche [modifier]

Mayotte est une île où la population pratique une agriculture vivrière. Le produit national brut par habitant n'était que de 1000 $ par habitant en 1993. Le taux de chômage s'élevait à 38% en 1995, mais ne s'élevait plus qu'à 29 % au recensement de 2002 [28]. Le revenu minimum d'insertion ne s'applique pas à Mayotte[29].

Les productions agricoles sont principalement les cultures vivrières et notamment le riz et le manioc et les fruits tropicaux, banane, noix de coco, ananas et mangues. Mais l'on trouve également des cultures spécialisées d'exportation, l'ylang-ylang et la citronnelle utilisés dans la parfumerie, la vanille, la cannelle et le girofle.

Un élevage bovin, caprin et avicole (production d'œufs) se maintient. La mer fournit, outre les poissons de la pêche côtière, espadons, langoustes, mérous et crevettes.

Routes et services portuaires [modifier]

Outre l'encadrement scolaire et hospitalier, l'investissement français depuis une trentaine d'année est tangible sur plus de 230 km de routes asphaltées où circulent voitures et deux-roues de divers types. Le contraste est grand avec les années 1980, où une circulation peu dense ne laissaient apercevoir que de rares berlines à part la 4L des taxis, des méharis de légionnaires ou des camionnettes bâchés dénommées taxis-brousse.

Le port en eau profonde est un port d'escale mineur dans le canal de Mozambique.

Divisée en deux îlots, Mayotte est difficile d'accès. Le débarcadère de Mamoudzou, en Grande Terre, ne peut accueillir que des embarcations légères.

Poste et philatélie [modifier]

En matière postale, Mayotte a été le centre administratif des Comores dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce que prouve le cachet d'oblitération énonçant la provenance des lettres : « Mayotte et dépendances ». Intégrée administrativement ensuite et utilisant les timbres coloniaux de Madagascar de 1912 à 1950, de l'archipel des Comores de 1950 à 1975 et de France de 1975 à 1997, l'île obtient une autonomie philatélique et postale le 2 janvier 1997 en utilisant des timbres spécifiques choisis par la filiale locale de La Poste.

Tourisme [modifier]

Cette île qui possèdent des reliefs côtiers forts variés offre moins de plages de sable blond que ses voisines : Grande Comore, Mohéli, les Seychelles, l'île Maurice, et Madagascar. Son lagon offre à certaines saison l'opportunité d'observer des baleines et leurs baleineaux, des troupes de dauphins, et des tortues vertes qui viennent pondre sur les plages désertes.

Certaines activités touristiques ont été structurées :

Le tourisme reste une activité peu développée dans l'île. Les capacités hôtelières de l'île sont réduites : 150 dont 80 de confort convenable selon le CES en 1997. Selon une étude de l'INSEE[30], 9300 touristes auraient fréquenté Mayotte au premier semestre 1999[31], dont 44% de la Réunion et 42% de la métropole. 42% du total correspond à des visites familiales. Le séjour durait en moyenne 9,6 jours pour une dépense moyenne de 50€ par ménage de 1,5 personne.

Pendant longtemps, il n'y a pas eu de vol direct entre Mayotte et la métropole. En effet, la compagnie réunionnaise Air Austral possédait un quasi-monopole sur la destination, partagé avec la compagnie Comores Aviation, et ne proposait que des vols avec escales à l'île de La Réunion, alors que les Boeing 777 d'Air Austral atterrissent depuis 2005 à Mayotte[32]. Corsairfly liste aujourd'hui cette destination comme une liaison directe entre Paris-Orly et Mayotte[33].