Mayotte
Mayotte est une collectivité d'outre-mer française.
Elle fait partie de l'archipel des Comores, au nord-ouest de Madagascar.
Bien que son statut ait été plusieurs fois contesté par les Comores, les Nations unies et l'Union africaine, les Mahorais se sont prononcés à 72,94 %
en sa faveur (2 juillet 2000). Suite à la consultation
référendaire de la population du 29 mars 2009 (95,2 % de votes
favorables), elle deviendra en 2011 un département d'outre-mer de la République française régi par l'article 73 de la Constitution[3].
Son code INSEE est 97-6[4].
Mayotte est constituée principalement de deux îles,
Grande Terre et Petite Terre. Elle se situe dans le canal de Mozambique, dans l'océan Indien. Ses habitants
sont appelés les Mahorais. Elle a la seconde plus forte densité
des DOM-TOM, juste après Saint-Martin, avec 499
hab./km².
Les VIIIe et IXe siècles voient
les premières installations humaines. Il semble que les premiers
habitants appartiennent déjà aux premiers peuples swahilis, caractérisés par une
riche culture répandue sur l'ensemble des rivages de l'Afrique
orientale de la Somalie au Mozambique[5].
Mayotte et Anjouan ont été occupées apparemment plus
tardivement car les deux îles se différencient de l'ensemble des Comores
par une évolution linguistique spécifique. La civilisation swahilie qui
aborde ces îles inoccupées est donc d'emblée sophistiquée. Le commerce
maritime, très actif dès cette époque, atteste de contacts avec le Moyen-Orient
islamisé.
Aux XIIIe et XVe siècles, l'île
est sous la domination de chefs islamisés, les Fani. Les contacts
culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants.
Vers 1470, le sultanat shirazi s'établit et est reconnu jusqu'au
début du XIXe siècle. Le dernier sultan shirazien est
renversé par Andriantsoly, un dynaste sakalave qui, débarqué de Nosy Be,
s'impose entre 1828 et 1831.
Temps modernes
[modifier]
En 1503, l'île de Mahore est mentionnée par une escadre portugaise
qui l'aborde, et d'après les archives de l'amirauté portugaise, elle est
cartographiée par Diego Ribeiro en 1527[6].
Ce repérage soigneux permet de l'éviter à la façon des convois de
boutres qui ont sillonné de manière multiséculaire le détroit du
Mozambique. C'est pourquoi tout au long des XVIe et XVIIIe siècles, l'île n'est pas un lieu d'escale
ordinaire pour les grandes flottes et n'accueille que quelques grands
navires européens égarés et prudents, venus par nécessité s'y
ravitailler.
De 1742 à 1791, le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives
pour conquérir le sultanat de Mayotte. De 1795 à 1820, les razzias des
pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisaraka) dépeuplent
considérablement l'île.
Les influences venues de l'ensemble de l'océan indien, mais aussi de
la côte africaine, chamboulé par l'irruption des Bantous,
et de la côte malgache ne cessent de façonner la société swahilie
îlienne. Une immigration bantoue et malgache commence insensiblement[7].
Des Malgaches, essentiellement sakalaves, prennent le contrôle du sud
et d'une partie ponctuelle de l'est de l'île.
Après 1832,
l'île passe sous la domination de Andriantsoly,
ancien roi Sakalava du Iboina à Madagascar,
appelé par le sultan shirazi de Mahore et les occupants méridionaux
malgaches pour arbitrer leurs conflits et empêcher les agressions
extérieures. Guerrier converti à l'islam ayant épousé la fille du sultan
et aussi diplomate respecté auprès des communautés swahilies et
malgaches, Andrian Souly devient ensuite le sultan reconnu de l'île dont
il s'efforce de préserver la souveraineté malgré les continuelles
hostilités et menaces. Suite à la prise de Nosy Be
(Madagascar) en 1840, les Français prennent connaissance de la présence
de ce sultan, ancien roi Sakalava, à Mayotte, qui demande une protection
maritime.
Présence
française [modifier]
Mayotte devient colonie française après son achat au vieux sultan le 25 avril 1841, alors
que la rivalité franco-britannique pour le contrôle des autres îles
s'initie lentement avant de tourner à l'avantage de la France[8].
En 1886,
la Grande Comore, Mohéli
et Anjouan
deviennent protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte
tandis que Mayotte, quant à elle, garde un statut de colonie. À partir
de 1908,
l'ensemble des Comores est intégré sous l'autorité du gouvernement
général de Madagascar et dépendances.
En 1946, les Comores sont séparés de Madagascar et deviennent un territoire d'outre-mer. Après avoir
refusé d'accéder à l'indépendance lors du referendum de 1958 organisé
par le Général De Gaulle, les Comores obtiennent le 22 décembre 1961 (loi no 1412)
un statut d'autonomie interne (qui sera élargie en 1968 par la loi no 6804).
Ce statut d'autonomie interne donne jour à un Gouvernement comorien élu
par l'Assemblée Territoriale. De 1961 à 1970, l'ancien député Said Mohamed Cheikh est élu Président du Conseil de
gouvernement jusqu'à sa mort le 16 mars 1970. C'est
durant cette période, en 1966, que la capitale Dzaoudzi
(Mayotte) est transférée à Moroni, huit ans après la décision du transfert[9].
Au cours de cette période naissent les premiers mouvements politiques
qui contestent le pouvoir de Saïd Mohamed Cheikh et pour certains,
réclament l'indépendance. D'autres, comme le Mouvement Populaire
Mahorais (ancien UDIM : Union pour la Défense des Intérêts de Mayotte)
réclament au départ plus d'autonomie vis-à-vis des autres îles. Par la
suite, le mouvement se radicalise et demande la séparation de Mayotte et
les autres îles et notamment la Départementalisation de Mayotte. Né en
1958, l'UDIM est un mouvement créé par un créole natif de Sainte-Marie :
Georges Nahouda. Mort en 1958, c'est son neveu, Marcel Henry, qui
poursuit le combat avec la création du MPM. Associé à une partie de
l'élite mahoraise ( dont Younoussa Bamana), Marcel Henry poursuivra le
combat pour Mayotte française jusqu'au bout. Soutenu par le mouvement
français politique Action Française, un groupuscule royaliste, dont se
trouve à la tête Alain Poher, Pierre Pujo, le MPM obtient le soutien
d'une partie importante de la classe politique française.
Cependant, dans les années 1960 d'autres mouvements politiques voient
le jour dont le Parti "Serrez-la-main". Ce parti revendiquait
l'indépendance de Mayotte vis-à-vis de la France. Nombres
d'échauffourées eurent lieu entre ce dernier et le MPM.
Le 25 août 1972, le Comité spécial de la
décolonisation de l'Organisation des Nations unies
inscrit l'archipel des Comores à sa liste des territoires devant
accéder à l'autodétermination. Le 15 juin 1973, la
France et les Comores signent des accords relatifs à l'accession à
l'indépendance. Le 22 décembre 1974, la
France organise aux Comores un référendum pour plébisciter
l'indépendance du territoire. Il s'agissait d'un referendum qui devait
statuer sur une réponse de l'ensemble du territoire. Mayotte se
singularise en votant en majorité pour le maintien des Comores au sein
de la République française. Le suffrage est
de plus de 90% pour l'indépendance du territoire. Face aux divisions
internes, le gouvernement français ne valide pas le référendum et en
propose un nouveau dont les résultats de celui-ci ne seraient considérés
que "île par île". A cela, le président du Conseil de Gouvernement,
Ahmed Abdallah déclarent l'indépendance des Comores unilatéralement,
sans l'accord de la France. Mayotte reste cependant sous administration
française au détriment de la déclaration du gouvernement comorien.
L'Union des Comores
revendique Mayotte et refuse cette séparation qui remet en cause
l'intégrité territoriale de l'archipel. L'Union africaine considère ce territoire comme occupé par
une puissance étrangère[10].
Un second référendum a lieu en 1976[11],
qui confirme le choix de la population de Mayotte de rester au sein de
la république française. L'Assemblée générale des
Nations unies considère ce référendum comme nul et non avenu, et
condamne la présence française à Mayotte[12].
L'ONU s'appuie sur la déclaration du 14 décembre 1960, « sur l'octroi
de l'indépendance aux pays et peuples colonisés », point numéro 6 sur la
préservation de l'intégrité territoriale, malgré le point numéro 2 sur
le droit à l'autodétermination. Dans sa résolution du 28 novembre 1994,
l'Assemblée générale de l'ONU a rappelé et confirmé l'appartenance de
Mayotte à l'État comorien[13].
Depuis 1995, cependant, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à
l'ordre du jour de l’Assemblée générale de l'ONU.
L'Union européenne reconnaît ce territoire
comme français, avec le statut de PTOM (pays et territoires d'outre-mer)
mais pas comme Région ultrapériphérique. Cela
explique que Mayotte, contrairement aux DOM, ne figure pas sur les
billets en euros.
Suite au référendum
sur la départementalisation de Mayotte du 29 mars 2009, Mayotte
devrait obtenir en 2011 un statut de département, devenant le 101e département français et le 5e DOM.
Une
collectivité française [modifier]
Statut
de la collectivité [modifier]
La loi du 11 juillet 2001 relative à
Mayotte prévoit l'application progressive du droit commun français à
Mayotte, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM).
Mayotte est ainsi une collectivité départementale, dotée d'un conseil général, et d'une
administration décentralisée, en place depuis le 1er avril 2004. Depuis
2001, les règles applicables à Mayotte figurent au code général des
collectivités territoriales. La loi organique du 21 février 2007 a
réécrit ce statut, en prolongeant la logique de la loi de 2001. Enfin,
depuis le 1er janvier 2008, hormis
quelques matières (fiscalité, urbanisme, droit social...), l'identité
législative régit le régime législatif de Mayotte :
cela signifie que le droit commun est applicable, comme dans les DOM. À
l'issue du renouvellement du conseil général en mars 2008, les
conseillers généraux de Mayotte ont adopté le vendredi 18 avril 2008 une
résolution (à l'unanimité) invitant le gouvernement français à
transformer la collectivité en DOM. Il appartient donc au gouvernement
de consulter dans les douze mois la population de Mayotte sur le
processus de départementalisation toutefois l'ONU et les Comores ont
déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute
consultation qui serait organisée dans le cadre de la
départementalisation de l’île comorienne de Mayotte[14].
La consultation a eu lieu le 29 mars 2009 et les
électeurs ont approuvé la départementalisation de Mayotte. Ce nouveau
statut entrera en vigueur en 2011[15].
Le statut de DOM est peut-être incompatible avec le maintien du
statut personnel (voir plus bas), la question n'est d'ailleurs
pas claire à ce sujet, dès lors que par exemple : certains Guyanais
disposent d'un tel statut, et que la Constitution « protège » le statut
personnel. Cependant, la transformation de Mayotte en DOM permettrait
l'attribution du revenu minimum d'insertion, ce
qui explique le lobbying d'une grande partie de la classe
politique en ce sens.
La décentralisation rencontre des écueils similaires à ceux connus en
1982 en
métropole, aggravés par la faiblesse de la pratique démocratique qui est
à la fois récente et plaquée sur la culture ancestrale et cosmopolite
des habitants de l'île. Le clientélisme est très développé[réf. nécessaire].
L'État français est représenté par un préfet. En matière d'éducation nationale,
Mayotte constitue un vice-rectorat.
Les habitants de Mayotte sont représentés à l'Assemblée nationale par un
député, depuis juin 2007 Abdoulatifou Aly (Force de l'Alternance du MDM, affilié au MoDem) ainsi qu'au Sénat par deux sénateurs : Soibahaddine Ibrahim (UMP) et Adrien
Giraud (UDF).
Un futur département
français [modifier]
Le 29 mars 2009 a eu lieu un référendum pour savoir si Mayotte devait devenir
département français[16],
selon l'engagement du président de la République, Nicolas Sarkozy. L'ensemble des organisations politiques
locales se sont prononcées en faveur du « oui ». La participation a été
marquée par une forte abstention (41,19 %). Le « oui » l'a emporté avec
plus de 95,2 % des suffrages exprimés, soit 56 % des électeurs.
Mayotte deviendra donc en 2011[17]
le 101e département français et le
cinquième en Outre-mer avec la Guadeloupe,
la Guyane,
la Martinique
et La Réunion. Il s'agira en fait d'une « collectivité
unique », la même assemblée exerçant les compétences du conseil général et celles du conseil régional.
Divisions
administratives [modifier]
Mayotte compte 17 communes. À chaque commune correspond un canton
excepté pour Mamoudzou qui en regroupe trois, ce qui fait 19 cantons.
Chacune des 17 communes regroupe le plus souvent plusieurs villages.
Les communes les plus peuplées sont celles de Mamoudzou,
Koungou
et Dzaoudzi.
La propriété du port de Mayotte a été transférée au Conseil général[18].
Élus de Mayotte
[modifier]
Histoire
politique [modifier]
En 1958,
cinq territoires
d'outre-mer, faiblement peuplés, choisissent de conserver leur
statut et de ne pas devenir des États au sein de la nouvelle Communauté
française : il s'agissait de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Côte française des Somalis, de
l'archipel des Comores, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Ces TOM
continuèrent d'envoyer des représentants à l'Assemblée nationale, mais en
raison du délai de l'exercice de l'option, ils ne purent participer aux
élections législatives des 23 et 30
novembre 1958, les premières de la Ve République. Le siège de député de
Mayotte remonte donc à celui des Comores, depuis que, par son vote du 8 février 1976 (« Oui »
à 99,4 %) a maintenu ses liens avec la France.
En 1978,
c'est l'UDF Younoussa Bamana qui a été le premier député élu, puis
réélu, dans cette collectivité territoriale de 19 000 électeurs. Avec
l'élection de François Mitterrand, c'est Jean-François Hory, proche du PRG qui est alors élu (alors que Valéry Giscard d'Estaing avait
obtenu 89,9 % des voix peu de temps auparavant). En 1986, c'est un
centriste, Henry Jean-Baptiste, qui est élu, puis
réélu en 1988 et en 1993, alors que l'île dépasse désormais 30 000
électeurs. Malgré la montée progressive de son rival RPR dissident, Mansour Kamardine, c'est toujours Jean-Baptiste qui est
élu en 1997 (51,7 %). Ce n'est qu'en 2002, avec le retrait de ce dernier
que Mansour Kamardine est élu au 2e tour
député avec l'appui du président du Conseil général, Younoussa Bamana,
face au candidat UDF-MDM, Vita Siadi.
En 2007,
Abdoulatifou Aly, candidat de la Force de
l'Alternance du Mouvement départementaliste mahorais (une dissidence du Mouvement
départementaliste mahorais) est élu au second tour des législatives
contre Mansour Kamardine. Abdoulatifou Aly appartient au Mouvement démocrate de
François Bayrou.
-
Début 2008, le projet de départementalisation de Mayotte a resurgi.
Le secrétaire d'État Roger Karoutchi a annoncé le 24 janvier qu'à l'issue des
élections de mars, le conseil général, s'il le souhaitait, adopterait
une résolution pour que Mayotte devienne un département-région. Or,
suite aux élections cantonales de mars 2008, Ahmed Attoumani Douchina conseiller
général du canton de Kani-Keli (UMP), a été élu
président du conseil général par 13 voix contre 5 et 1 bulletin nul
succédant à Saïd Omar Oili, sans étiquette, président du Nouvel élan
pour Mayotte (NEMA). Le nouveau président a été élu par une coalition
UMP-PS-MDM (le MDM est issu du Mouvement populaire mahorais), favorable à
une telle évolution qui pourrait alors se concrétiser avec l'appui
gouvernemental en 2008 ou 2009[19].
Actuellement l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent
comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée
dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte
[14].
Le référendum pour la départementalisation a eu lieu le 29 mars 2009.
Lors de sa visite, le ministre de l'Outre-mer Christian Estrosi à Mayotte a évoqué la possibilité de
revenir sur le droit du sol pour décourager l'immigration
illégale, mais cette idée n'a pas été reprise par son successeur Yves
Jégo. Conformément à la loi de 2000 ouvrant le droit à une
consultation sur le transformation du statut de Mayotte en département
d'outre-mer, le Conseil général de Mayotte a demandé en avril 2008 une
consultation populaire. Ce référendum s'est tenu le 29 mars 2009 a donné
un résultat d'environ 95% de "oui" à la départementalisation, qui
pourrait être effective en 2011, avec un alignement progressif sur le
droit commun[20].
La départementalisation impose des évolutions notables: l'âge légal
minimum des femmes pour se marier sera relevé de 15 à 18 ans, les
mariages polygames seront interdits, même si les situations acquises ne
seront pas remises en cause, la justice cadiale cédera
la place à une justice civile. Les minimaux sociaux seront aussi
progressivement augmentés, en commençant par les deux seuls en vigueur,
ceux pour les adultes handicapés et les personnes âgées. Le RMI,
l'allocation parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique,
seront versées à partir de 2012, à environ le quart de ce qu'elles
représentent en Métropole et seront ensuite progressivement revalorisées
sur une période de 20 à 25 ans, en fonction du rythme du développement
économique de l'île, mais avec la mise en place d'un cadastre, la taxe
d'habitation et la taxe foncière devraient également faire leur
apparition.
Mayotte a une population très jeune. En 2007, date du dernier
recensement, la population était de 186 452 habitants, contre 160 262
habitants en 2002. 62,3 % des habitants sont âgés de moins de 25 ans en
2002.
L'amélioration des conditions d'hygiène, de santé publique (médecine
rurale, préventive, gratuite pour tous jusqu'en 2005) et du niveau de
vie a eu pour conséquence une diminution du taux de mortalité passé de
25 ‰ habitants lors du recensement de 1958, à 3 ‰ en 2004. Même si l’on
assiste à une baisse de la natalité, celle-ci reste encore forte, avec
un indice synthétique de fécondité de 4.5 enfants par femme en 2004
contre 8.1 en 1978[21].
Quant au taux d'accroissement annuel de la population, il est l'un
des plus forts de l'outre-mer français avec 5,8 ‰.
Mamoudzou
est l'unique ville où se trouve un hôpital,
dont une annexe est ouverte à Dzaoudzi,
sur Petite-Terre. Des maternités dites intercommunales sont ouvertes : Mramadoudou
au sud de l'île (2005) et Kahani commune de Ouangani
au centre (2006). La maternité de Dzoumogné au nord
est en cours de construction par la société SMTPC filiale du groupe VINCI.
Cela dit, la grande majorité des naissances a lieu à Mamoudzou :
54 % des naissances annuelles dans l'île en 2003, 57,3 % en 2004 [21].
Depuis le 1er avril 2005, les
soins ne sont plus gratuits sur le territoire. Les patients doivent
présenter une carte de Sécurité sociale ou acquitter un droit
forfaitaire auprès des structures de soins publics ou des honoraires
auprès d'un médecin privé.
Il existe aussi des dispensaires dans les villages, qui se partagent
les rares médecins de garde.
Depuis 2005, des infirmiers s'installent en libéraux, assurant les
soins à domicile.
Le chikungunya est persistant à Mayotte.
Géodescription
[modifier]
Carte topographique de Mayotte
Mayotte est la plus ancienne des quatre grandes îles de l'archipel
des Comores, chapelets de terres qui émergent au-dessus d'un relief
sous-marin en forme de croissant de lune, à l'entrée du canal du
Mozambique. Située à 250 km Ouest de Madagascar et à trente km
Sud-Sud-Ouest d'Anjouan, visible le soir en ombre chinoise, elle est
composée de plusieurs îles et îlots couverts d'une végétation
exubérante, les deux plus grandes sont Grande Terre
et Pamandzi
encore appelée Petite Terre adossée à une barrière de corail.
Ce récif de corail de 160 km de long entoure un lagon de 1
100 km², un des plus grands du monde. Il protège des courants marins la
quasi- totalité de Mayotte, à l'exception d'une douzaine de passes, dont
une à l'est appelée Passe en S. Le lagon d'une largeur moyenne
de 5 à 10 km possède des fonds exceptionnels jusqu'à une centaine de
mètres de profondeur. Il est parsemé d'une centaine d'îlots coralliens
dont certains comme M'Zamboro sont de toute
beauté. Ce récif procure un abri aux bateaux et à la riche faune
océanique. L'activité volcanique à l'origine de la création des îles rend
le sol particulièrement fertile.
Une formation géologique
récente [modifier]
Les îles qui forment Mayotte sont géologiquement les plus anciennes
de l'archipel des Comores. Leur âge à partir
de de neuf millions d'année va en décroissant du sud-est (Mayotte) au
nord-ouest (Grande Comore), bien que l'on observe tant sur
la Grande Terre que sur l'îlot de Pamandzi, des appareils très récents (maars).
L'ensemble insulaire est un vaste bouclier volcanique de laves
alcalines avec extrusions phonolitiques
comme à Choungui, relief en forme de boule conique dont un cinquième
est encore émergé. Le centre de l'appareil se situe en mer, à l'ouest.
Une subsidence
importante a eu lieu, permettant notamment l'implantation d'une
couronne récifale exceptionnelle autour des reliefs résiduels.
La croissance corallienne, créatrice de calcaires blancs, a pris le
relais des terres émergées, caractérisées par des roches basaltiques
noires, et soumises à l'érosion. Pendant les grandes glaciations
continentales, il y a 20 000 ans, l'abaissement des niveaux marins de
plus de cent mètres a vidé les lagons et laissé les récifs moribonds.
Les grandes rivières africaines, un temps retenues, ont percé les passes
dans les barrières. Puis, avec les remontées marines causées par les
puissants réchauffements climatiques post-glaciaires, les coraux ont
repris leur ardeur bâtisseuse.
Le contraste entre géochimies corallienne et volcanique est en
particulier pleinement visible sur les plages du nord de la Grande
Terre, près de l'île de Mtsamboro. Les récifs de pierres noires,
annonciateur de la terre, apparaissent sur la plage blanche de sables
détritiques coralliens.
L'île de Grande Terre possède de fortes pentes, et surtout au
voisinage des crêtes, une érosion tropicale emporte la fragile
végétation colonisant les padza[22].
Les forestiers essaient de fixer le sol dégradé par des plantations
d'acacias.
Géographie
insulaire [modifier]
Autrefois mis à part les rivages et les petites îles facilement
accessibles par les pirogues à balanciers ou les bateaux, mais
aujourd'hui presque partout pour les critères d'une économie moderne
d'échanges, le monde mahorain, et au centre la Grande Terre, reste
enclavé. Les pistes et les sentes des années 1970 ont laissé la place au
cours des deux dernières décennies du millénaires à plus de 230
kilomètres de routes asphaltées et à 150 kilomètres de sentiers de
randonnées balisés.
- Grande Terre, 363 km², mesure 39 kilomètres de
long par 22 kilomètres de large. Ses points culminants sont : Mont
Bénara ou Mavingoni (660 m), Mont
Choungui (594 m), Mont Mtsapéré (572 m) et Mont Combani (477). Elle
abrite Mamoudzou, qui est le chef-lieu et la capitale
économique de Mayotte.
- Petite Terre (ou île Pamandzi), abrite Dzaoudzi-Labattoir,
Pamandzi
(et l'aéroport). Elle fait 11 km².
- L'îlot M'Zamboro est la troisième île par sa
dimension, elle est habitée de façon permanente entre autres par des
pêcheurs et est réputé pour sa culture d'orange.
- L'îlot Bouzy
« La Barge », le moyen de transport entre Mamoudzou (Grande terre) et
Dzaoudzi (Pamandzi).
Le climat est tropical de type maritime, les températures
moyennes oscillent entre 23 et 30 °C et le taux d'hygrométrie
dépasse souvent 85%. La saison chaude et humide, saison des pluies,
va de novembre à avril/mai et les températures moyennes diurnes varient
entre 27 à 30° C. Dzaoudzi reçoit ainsi plus d'un mètre d'eau durant
une année, les précipitations sont maximales en janvier, apportées par
des vents de Nord-Est. La saison sèche de mai à octobre est plus
fraiche, de 22 à 25 °C.
Les vent dominants selon les saisons sèches et humides sont l'alizé
du Sud-Ouest et la mousson du Nord-Ouest. La température de la mer
oscille autour de 25,6 °C. Les tempêtes cycloniques, accrues tout au
long de leurs parcours par la chaleur échangée avec les eaux maritimes
de surface chaudes, peuvent dévaster végétation et habitation, ainsi les
cyclones de 1898, de 1950, d'avril 1984 ou de janvier 1987.
Si les eaux chaudes du lagon peuvent abriter les baleines
accoucheuses vivant sur leurs réserves de graisses australes, puis leurs
petits en lactation, les tortues marines viennent pondre sur les plages
au voisinage de leurs herbiers. Le lagon est nourricier pour les
poissons, les mangroves jouent un rôle de nettoyage écologique,
entravant l'écoulement des sédiments, augmentant la densité animale et
végétale, notamment des espèces piscicoles au stade juvénile.
A proximité des herbiers à tortues et de leurs plages immémoriales,
poussent de majestueux baobabs Adansonia digitata qui abritent
parfois des colonies de roussettes, cette chauve-souris géante et
frugivore. Ces paysages ne sont pas imaginaires, il existe encore dans
le sud de la Grande-Terre, à la pointe de Saziley, à Ngouja ou au nord
de Petite-Terre.
Il existe une centaine d'espèces d'oiseaux, la plupart typiques des
terres africaines et malgaches voisines.
Mayotte était initialement très riche en biodiversité, mais la forêt primaire y a
récemment disparu, entraînant des risques d'instabilité pour les
terrains et le littoral ainsi qu'une pollution et dégradation du lagon,
alors que la pression foncière et la démographie ne cessent de croître.
Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont notamment les espèces introduites
et éventuellement invasives, avec risques croissants d'invasion biologique ; la fragmentation
par les routes, qui dégradent l'intégrité écologique de l'île ; les
impacts du tourisme ; la dégradation des récifs coralliens par la
pollution et par accumulations de sédiments
terrigènes (déjà plusieurs km2 sont touchés
dans les lagons de Rodrigues et de Mayotte d'où ont disparu les scléractiniaires, suite à
la destruction des forêts qui protégeaient les sols de l'érosion.
Engrais
et pesticides,comme le DTT, peuvent aussi être
emportés par les eaux pluviales et favoriser voire rendre permanent le blanchiment des coraux (coral
bleaching)[23].
La collecte de coquillage, la pêche excessive et certaines activités
extractives (sable corallien), l'agriculture et la divagation d'animaux
peuvent aussi avoir des impacts négatifs.
Zone naturelle :
- Parc marin de Saziley où la tortue
marine verte est protégée.
- Îlot Bouzy (Forêt tropicale sèche) où vit
en joyeuses bandes le maki de Mayotte, lémurien
agile qui se nourrit de fruits et de feuilles.
Culture mahoraise
[modifier]
Plusieurs cultures se côtoient à Mayotte, mais la culture mahoraise qui concerne il y a quarante ans 60%
de la population s'est imposée progressivement sous une forme
syncrétique à l'ensemble de la population locale. Il reste toutefois
dans le sud de l'île des isolats d'une seconde culture malgache,
toutefois fortement marquée par la culture mahoraise au point de n'être
difficilement discernable qu'au regard avisé. Enfin la culture française
comme d'une manière générale, la civilisation occidentale moderne
imprègne de plus en plus la culture locale.
Le français est la langue officielle. Mais il n'est
pas la koinè
des personnes âgées originaires du monde traditionnel de l'île.
Celles-ci, ainsi qu'une minorité de plus jeunes, peuvent néanmoins
maîtriser plusieurs langues africaines comme le shimaore, le Kiantalaotsi
ou bien encore tenter de préserver un dialecte malgache,
le shibushi,
autrefois parler vernaculaire dans le sud de Grande Terre. La première,
le shimaore varie sensiblement d'un village à l'autre, même si les
variantes dialectales sont proches.
La langue mahoraise a largement été modifiée au cours du temps,
notamment du fait des anciens exilés, des nouveaux migrants et des
métropolitains. On estime que l'illettrisme en français concernait en
2000 environ 35 % des hommes et 40 % des femmes. Toutefois cet
illettrisme français est aussi causé par une piètre familiarité avec
l'alphabet latin. L'illettrisme en arabe est moindre car la langue et l'
alphabet arabes sont enseignés avec assiduité dans les écoles
coraniques ou médersas.
Cultures
traditionnelles [modifier]
La société mahoraise traditionnelle est matriarcale. La femme a un
rôle déterminant, des tâches économiques de base à la politique en
passant par la vie associative. Une femme à toute âge ne peut que
s'épanouir ou aller vers le succès de ses diverses entreprises alors que
l'homme a atteint sa plénitude à son mariage. A cette occasion
autrefois fort coûteuse pour la gent masculine, la femme reçoit cadeaux
et bijoux, autrefois en or, qu'elle portait ensuite pour afficher son
statut social. L'autorité de la mère, possédant biens et maisons, forte
d'avoir élevé ses enfants et assemblé sa parentèle ou sa descendance,
pouvait chasser ou sauver son conjoint lorsque les critères sociaux,
communément constatés par la communauté villageoise, avaient confirmé la
déchéance maritale. D'une manière générale, c'est l'autorité de
l'épouse active qui protège sur ce plan mari et foyer. Il va de soi que
l'importance de la soeur d'un mari jouait un rôle crucial en cas de
dispute familiale, au cas où celle-ci avait un rang au moins similaire à
sa belle-soeur.
Le deba est une rencontre sous forme de chant et de danse
religieux. Les femmes vêtues de chatoyants lambas au motifs similaires,
et assemblées d'après des critères d'appartenance à une même petite
communauté forment un choeur lancinant, laissant aux hommes l'apport
musical rythmé. Ainsi s'organise une forme de rivalité chorégraphique
entre villages.
Soins et habits
féminins traditionnels [modifier]
Il est commun d'observer des masques de beauté, principalement à base
de bois de santal râpé mélangé à de l'eau, sur les visages féminins.
Les cheveux, après un lavage avec une décoction de kapokier, était
parfumés et tressée de façon savante. La chevelure était agrémentée avec
des fleurs choisies pour les fêtes.
Le vêtement traditionnel féminin s'appelle le lamba. Il se
compose de deux parties : le saluva qui est un paréo,
c'est-à-dire une jupe et le kishali, pièce de tissu qui se porte
en châle, sur les épaules ou parfois replié sur la tête. Il servait
autrefois de signes de reconnaissance communautaire.
Traditions
masculines et jeux virils d'autrefois [modifier]
Les jeunes hommes après l'adolescence quittent la case familiale ou
maternelle et construisent des bangas, petites maisons dont le toit
était autrefois en bois, en bambou ou en raphia et qui leur permettent
de s'initier à la vie adulte en y invitant les filles auxquelles ils
peuvent se fiancer.
Un homme marié trouve à ne pas perdre son prestige en initiant ses
neveux. Ainsi le meilleur pédagogue des techniques traditionnelles,
conservait un statut particulier au sein de sa famille et de sa
communauté.
Le moringue
ou mouringué, analogue à la capoeira
brésilienne, était pratiqué, jusqu'à la fin des années 1980, entre
villages rivaux. Il a, actuellement, presque disparu. On peut encore
avoir l'occasion d'assister au moringue mahorais durant le mois de
ramadan : "Au coucher du soleil, après avoir bien mangé, les gens se
regroupent sur la place publique, tapent sur les tam-tam et pratiquent
le moringue.
La seule différence avec la capoeira est que cette dernière se rapproche
d'arts martiaux alors que le moringue n'a strictement aucun
enseignement ni règle réellement définie. Des règles, il y en a, comme
obligation de combattre à mains nues, et auparavant chacun des deux
protagonistes pose son pied sur celui de l'autre et vice versa,
empêchant ainsi la fuite. La rancune reste interdite une fois le combat
fini et en dehors de celui-ci. S'il doit y avoir vengeance, celle-ci se
fera à un prochain mouringué, ou lors du même moringué. Mais le
"moringue" est considéré, par les mahorais (habitants de Mayotte) comme
un jeu, il est et reste aussi un moyen de règlement d'éventuels
différends. C'est aussi un moment de convivialité. Les lutteurs
deviennent très souvent amis après la lutte. Auparavant, le moringué se
faisait entre villages voisins, et peu importe la distance, on se
déplaçait à pied. Des mouringués se font aussi tout autour de l'île et
des invitations orales convient tout le monde à rejoindre le lieu dit.
Un lutteur peut défier jusqu'à quatre adversaires ou plus en même temps,
le nombre de combats n'est pas limité. Il peut être culturel ou sauvage
et barbare, selon le fait qu'il soit organisé en ville ou en brousse,
constat d'un reporter local.
Spectacles, musique et
carnaval modernes [modifier]
De nombreux écrivains locaux racontent l'île à travers leurs
ouvrages. Des spectacles divers illuminent les veillées des week-ends,
du théâtre à la tradition locale en passant par la musique. Mayotte
connait différentes sortes de musique dont le « m'godro », musique
locale s'inspirant du salégy ou saleg, une
musique malgache.
Un carnaval
scolaire se perpétue vers les mois de juin-juillet. Au cours de l'année
scolaire, les élèves organisent et préparent cet événement. Aidés des
enseignants, ils illustrent le thème de l'année et le parfont. Celui-ci a
souvent pour but d'informer et de sensibiliser la population et les
jeunes, le sujet change chaque année. Dans les années 1990 se sont
succédé des idées telles que les pirates, la tortue, et d'autres
thématiques axées sur l'environnement et la vie de tous les jours.
De tradition sunnite, introduite par des populations arabo-persanes,
tolérante et profondément imprégnée à la culture swahilie des Comores,
religion structurant une société teintée de croyances africaines et
malgaches, l'islam
est pratiqué par 98 % de la population mahoraise. Dès l'âge de 6 ans,
les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école
primaire de la République.
Incidence juridique : statut
personnel [modifier]
Les Mahorais peuvent choisir entre :
- le statut de droit commun, identique à la métropole (notaires,
administrations, tribunaux…),
- un statut personnel dérogatoire au Code civil et à la laïcité, réservé aux musulmans originaires
de Mayotte (ou éventuellement d'autres îles des Comores ou du
nord-ouest de Madagascar). Ils peuvent renoncer à ce statut et choisir
le statut de droit commun.
En ce qui concerne le statut personnel, la justice est rendue par des
juges musulmans, les cadis[24].
C'est le seul territoire d'outre-mer ayant des juridictions
spécifiquement compétentes en matière de statut personnel. La loi
d'orientation pour l'Outre-mer no 2003-660 du 21 juillet 2003 a aboli la polygamie
pour les nouvelles générations en déclarant : « Nul ne peut contracter
un nouveau mariage avant la dissolution du ou des précédents. Le présent
article n'est applicable qu’aux personnes accédant à l'âge requis pour
se marier au 1er janvier 2003 ». Traditionnellement, la maison
appartient à la femme à Mayotte et la répudiation ou le divorce
représente donc essentiellement la perte d'un compagnon plutôt que la
perte d'un statut social ou économique (les foundis et les aînés
veillait à la bonne tenue de la situation économique de la femme même
après le départ du mari). le droit des successions (discriminations
selon la religion des héritiers), le droit foncier[25].
Toutefois, la polygamie et la répudiation unilatérale ont été abolies
pour les personnes qui accèdent à l'âge du mariage à partir de 2005[26].
Un décret du 1er juin 1939, interdit la lapidation
des femmes (pour la symbolique puisqu'elle n'a jamais été pratiquée
dans l'archipel).
Construites autrefois dans la tradition arabo-shirazienne, les
mosquées étaient de petite taille avant de subir l'évolution
architecturale commune aux rivages africains. La plus ancienne connue en
pierre est la mosquée de Chingoni ou Tsingoni. Mais la tradition
mahoraise rapporte l'arrivée des premiers musulmans prêchant la parole
de paix et de soumission à l'île de Petite Terre ou Dzaoudzi. La Ziyara
de Pôlé est considérée dans cette tradition orale comme le lieu
saint fondateur, à l'origine de la diffusion de l'Islam sur l'ensemble
de l'île. La légitimité du pouvoir sacré des premiers sultans shiraziens
émanait de ce lieu saint.
Autres
minorités [modifier]
Il existe une minorité chrétienne, essentiellement des créoles des
Mascareignes ou des îles environnantes, des descendants de
ressortissants malgaches et des métropolitains installés récemment ou en
passage plus ou moins éphémère.
Le tertiaire administratif occupe, en 2001, 45% des salariés de
l'île. Outre l'administration, les travaux publics, le commerce et ses
services associés sont les principaux employeurs. Malgré une croissance
de 9% par an, le taux de chômage atteint 22%. Le SMIC Mayotte est de 63% inférieur au SMIC national. Le revenu annuel des ménages
était de 9 337 euros en 2005 contre 29 696 euros en métropole. [27]
Agriculture, élevage et
pêche [modifier]
Mayotte est une île où la population pratique une agriculture
vivrière. Le produit national brut par habitant n'était que de 1000 $
par habitant en 1993. Le taux de chômage s'élevait à 38% en 1995, mais
ne s'élevait plus qu'à 29 % au recensement de 2002 [28].
Le revenu minimum d'insertion ne s'applique pas à Mayotte[29].
Les productions agricoles sont principalement les cultures vivrières
et notamment le riz
et le manioc
et les fruits tropicaux, banane, noix
de coco, ananas et mangues.
Mais l'on trouve également des cultures spécialisées d'exportation, l'ylang-ylang
et la citronnelle utilisés dans la parfumerie, la vanille,
la cannelle
et le girofle.
Un élevage bovin, caprin et avicole (production d'œufs) se maintient.
La mer fournit, outre les poissons de la pêche côtière, espadons,
langoustes, mérous et crevettes.
Routes
et services portuaires [modifier]
Outre l'encadrement scolaire et hospitalier, l'investissement
français depuis une trentaine d'année est tangible sur plus de 230 km de
routes asphaltées où circulent voitures et deux-roues de divers types.
Le contraste est grand avec les années 1980, où une circulation peu
dense ne laissaient apercevoir que de rares berlines à part la 4L des
taxis, des méharis de légionnaires ou des camionnettes bâchés dénommées
taxis-brousse.
Le port en eau profonde est un port d'escale mineur dans le canal de
Mozambique.
Divisée en deux îlots, Mayotte est difficile d'accès. Le débarcadère
de Mamoudzou,
en Grande Terre, ne peut accueillir que des
embarcations légères.
Poste et
philatélie [modifier]
En matière postale, Mayotte a été le centre administratif des Comores
dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce que prouve le cachet d'oblitération énonçant la provenance des
lettres : « Mayotte et dépendances ». Intégrée administrativement
ensuite et utilisant les timbres coloniaux de Madagascar
de 1912 à 1950, de l'archipel des Comores de 1950 à 1975 et de France
de 1975 à 1997, l'île obtient une autonomie philatélique et postale le 2
janvier 1997 en utilisant des timbres spécifiques choisis par la
filiale locale de La Poste.
Cette île qui possèdent des reliefs côtiers forts variés offre moins
de plages
de sable blond que ses voisines : Grande
Comore, Mohéli, les Seychelles,
l'île Maurice, et Madagascar.
Son lagon
offre à certaines saison l'opportunité d'observer des baleines
et leurs baleineaux, des troupes de dauphins,
et des tortues vertes qui viennent pondre sur les
plages désertes.
Certaines activités touristiques ont été structurées :
Le tourisme reste une activité peu développée dans l'île. Les
capacités hôtelières de l'île sont réduites : 150 dont 80 de confort
convenable selon le CES en 1997. Selon une étude de l'INSEE[30],
9300 touristes auraient fréquenté Mayotte au premier semestre 1999[31],
dont 44% de la Réunion et 42% de la métropole. 42% du total correspond à
des visites familiales. Le séjour durait en moyenne 9,6 jours pour une
dépense moyenne de 50€ par ménage de 1,5 personne.
Pendant longtemps, il n'y a pas eu de vol direct entre Mayotte et la
métropole. En effet, la compagnie réunionnaise Air Austral possédait un
quasi-monopole sur la destination, partagé avec la compagnie Comores
Aviation, et ne proposait que des vols avec escales à l'île de La
Réunion, alors que les Boeing 777 d'Air Austral atterrissent depuis 2005
à Mayotte[32].
Corsairfly
liste aujourd'hui cette destination comme une liaison directe entre
Paris-Orly et Mayotte[33].