Haïti
Haïti, officiellement la République d'Haïti, est un
pays des Grandes Antilles occupant le tiers
occidental de l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ). Sa
capitale est Port-au-Prince. Ils sont victimes de
surpopulation.
Haïti devint en 1804 la première république indépendante de population
majoritairement noire après la Révolution haïtienne (1791-1803) qui
conduisit l'armée de Napoléon Bonaparte à abandonner l'île. Haïti est aussi le seul
pays francophone indépendant des Caraïbes.
Chez les Taïnos, Ayiti signifiait « Terre des
hautes montagnes »[2]
ou « La montagne dans la mer »[3].
Lorsque les Français, provenant de l'île de la Tortue vers la Grande Terre, occupèrent
la partie occidentale de l'île d'Hispaniola,
ils francisèrent le nom en usage chez les Espagnols « Santo Domingo »
en Saint-Domingue.
De 1630 à 1664, ce nom
resta informel jusqu'à ce que Colbert incorpore la colonie de
Saint-Domingue à la Compagnie des
Indes Occidentales. Le nom de Saint-Domingue sera confirmé par les
traités de Ryswick (1697) et de Bâle (1795) pour
désigner la partie occidentale (pars occidentalis) qui, durant
cette période coloniale française, fut aussi surnommée la « perle des
Antilles ».
Le 1er janvier 1804, en
déclarant l'indépendance du pays, Dessalines lui redonne le nom taino
d'origine, Haïti-Bohio-Quisqueya, en honneur à ce peuple amérindien.
Hispaniola
est le nom donné à l'ensemble de l'île, la République dominicaine en occupant
les deux tiers à l'est.
En créole, le pays est appelé Ayiti.
Géographie
physique [modifier]
Carte topographique d'Haïti
Le territoire d'Haïti est principalement constitué par la partie
occidentale de l'île d'Hispaniola que l'on nomme également « Terre
haute ou montagneuse », à laquelle vient s'ajouter un certain nombre
d'autres îles et archipels tels que :
- – La Gonâve ;
- – l'île de la Tortue ;
- – Les Cayemites ;
- – l'Île-à-Vache ;
- – La Navasse.
Le relief de la « Terre montagneuse » est généralement constitué de
montagnes escarpées avec de petites plaines côtières et des vallées.
Comme pour l'île entière, le relief de la République d'Haïti est formé
de deux bandes montagneuses principales : l'une au Nord, l'autre au Sud.
Dans celle du Nord s'élèvent la chaîne du Haut-Piton, le massif des Montagnes Noires et
la chaîne des Matheux ; dans celle du Sud
s'élèvent le massif du Pic
la Selle et le massif de la Hotte.
Malgré la déforestation à Haïti à grande
échelle sur l'ensemble du territoire national, Haïti possède encore des
zones boisées qui s'étendent dans le pays voisin de la République
dominicaine. Ainsi ces deux pays partagent la forêt de pins de l'île
d'Hispaniola qui couvre encore une partie du massif du Pic
la Selle et du massif de la Hotte.
La partie centrale et l'Est forment un grand plateau d'altitude. Le
principal fleuve haïtien est l'Artibonite.
Haïti (comme le reste de l'île d'Hispaniola) se trouve dans une zone
sismiquement active, entre deux plaques tectoniques : la plaque nord-américaine au nord et la plaque caraïbe au sud, rendent le pays particulièrement
vulnérable aux tremblements de terre. Celui du 12 janvier 2010, se
révéla être le
plus grand séisme jamais enregistré dans ce pays, dévastant
notamment la région de la capitale Port-au-Prince, faisant plus de 200 000
morts, et des millions de sans abris.
Le climat
est tropical. La saison des pluies s'étend
d'avril à juin puis d'octobre à novembre. La saison des ouragans s’étend du mois de juin jusqu’à la fin du mois de
novembre.
Le pays subit régulièrement des précipitations importantes et des ouragans. L'ouragan Jeanne qui a ravagé Haïti en septembre
2004 s'est soldé par un bilan provisoire de plus de 1 160 morts et
1 250 disparus. Les effets de la tempête
aggravent les conditions de vie déjà difficiles de ce pays : 170 000 personnes manquent à quoi
manger et boire, et les bananiers ont été en grande partie détruits par le
cyclone, alors que le pays avait déjà souffert des pluies
diluviennes en mai 2004 qui avaient entraîné le décès de 1 220
personnes.
En 1790,
la population de la colonie comprenait environ 500 000 dont 38 360
d'origine européenne et 28 370 noirs libres, la plupart mulâtres.
Dans les années 1880, elle comprenait environ 570 000 habitants.
La plus grande ville est la capitale Port-au-Prince avec environ 2 millions
d'habitants dans les années 2000, suivie du Cap-Haïtien
avec 800 000 habitants.
Évolution de la démographie entre
1961 et
2003 (chiffre
de la
FAO,
2005). Population en milliers d'habitants.
Arrivée des
Européens et colonisation [modifier]
Les peuples de culture Arawak, Caraïbes et Taïnos
occupaient l'île avant l'arrivée des Espagnols. Christophe Colomb, débarquant le 5 décembre 1492) la
nomma Hispaniola alors que les indigènes la nommait de
trois façon : Ayiti, Quisqueya et Bohio. On estime qu'environ 100 000
indigènes peuplaient l'île d'Hispaniola à la fin du XVe siècle.
Les Espagnols
exploitèrent l'île pour son or. Les Amérindiens
refusant de travailler dans les mines furent massacrés et réduits en
esclavage; les rares personnes qui réussirent à s’échapper trouvèrent
refuge dans les montagnes et furent marginalisées et fortement
paupérisées. Les maladies infectieuses arrivées avec les Européens
firent des ravages; les mauvais traitements, la dénutrition et la baisse
de natalité firent le reste : la population indigène fut exterminée en
quelques décennies.
Les Espagnols firent alors venir d'Afrique
des esclaves noirs déportés. Dès 1517, Charles
Quint autorisa la traite des esclaves.
La partie ouest d’Hispaniola, dépourvue de minerai, fut vite négligée
par les colons espagnols qui la laissèrent vide. Des boucaniers
français s'y installèrent, malgré plusieurs expéditions militaires
espagnoles. Au XVIIe siècle, sous
l'autorité du cardinal de Richelieu,
l'installation française s'institutionnalisa. L'île de la Tortue, au nord ouest d'Hispaniola, devint le
siège de la flibuste. Ces aventuriers gagnèrent peu à peu la
« Grande terre » : en 1654, ils créèrent la première ville de la future Saint-Domingue : Petit-Goâve.
Le premier gouverneur de la colonie fut Bertrand d’Ogeron, nommé en 1665. Sachant
se faire accepter des flibustiers, il organisa la colonisation par la
venue de Français qui s'engageaient à travailler trois ans avant de
devenir propriétaires de terres (ils s'appelaient les « 36 mois »). Il
favorisa la plantation de tabac. Ainsi, il sédentarisa une population de
boucaniers et de flibustiers peu portée à accepter l’autorité royale
jusqu'aux années 1660. Bertrand d’Orgeron attira aussi des colons de Martinique
et de Guadeloupe.
Mais en 1670-1690
intervint la crise du tabac et un grand nombre de places furent
abandonnées. Les rangs de la flibuste grossirent, les pillages, comme
ceux de Vera Cruz en 1683 ou de Campêche en 1686,
devinrent nombreux et Jean-Baptiste Colbert, ministre de la
Marine, ramena l’ordre en prenant un grand nombre de mesures. Il
transféra le gouvernement à Port-de-Paix
en 1676. Il encouragea la création de plantations d’indigo
et de canne à sucre. Le premier moulin à sucre fut
créé en 1685.
Enfin, il réglementa l'esclavage en préparant le Code
noir (qui fut promulgué en 1685, après sa
mort). L'ensemble des ces actions permis l'essor économique de la
colonie.
À la suite du traité de Ryswick de 1697 et à
l'accession au trône d'Espagne d'un petit-fils de Louis XIV, les Espagnols renoncèrent à contester la
souveraineté de la France sur le tiers occidental de l'île. La France
officialisa le nom de Saint-Domingue,
pour cette partie. C’est alors que vinrent de France de nombreux colons
qui développèrent les plantations ou travaillèrent dans celles-ci. De
1713 à 1787, 30 000 Français vinrent grossir le nombre des colons
présents dans la partie Ouest de l’île.
Les guerres éclatèrent en Europe et
se prolongèrent sur les mers jusqu’aux Antilles
et aux Caraïbes. En 1756, le
commerce était paralysé. Un grand nombre de colons et leurs familles
quittèrent Saint-Domingue pour la Louisiane,
où ils s’installèrent dans des Postes établis par la France et
administrés par des militaires.
Vers 1790,
Saint-Domingue,
était devenue la colonie française la plus riche de toute l'Amérique
grâce aux profits immenses de l'industrie sucrière et de celle de l’indigo
générés par le travail des esclaves. Des dizaines de milliers d'Africains
avaient été amenés comme esclaves pour faire fonctionner ces
industries. Leur sort était juridiquement encadré par le code
noir, mais, dans les faits, ils subissaient des traitements souvent
pires que ceux dudit code. Leur nombre (400 000) était dix fois plus
élevé que celui des blancs.
Révolte
et indépendance [modifier]
La Révolution française entraîna de graves
bouleversements sociaux dans les petites Antilles comme à
Saint-Domingue. Le plus important fut la révolte des esclaves qui
aboutit en 1793
à l'abolition de l'esclavage par les
commissaires civils Sonthonax et Polverel, décision avalisée et généralisée à l'ensemble
des colonies françaises par la Convention six mois plus tard.
Toussaint Louverture, nommé gouverneur
par la France, après avoir rétabli la paix, chassé les Espagnols et les
Anglais qui menaçaient la colonie, rétablit la prospérité par des
mesures audacieuses. Il alla cependant trop loin en promulguant une
constitution autonomiste et Napoléon Bonaparte, sous l'influence des Créoles (Français – et
Espagnols – nés sur l’une des îles des Antilles, plus tard en Louisiane
aussi) et des négociants, envoya une expédition de 30 000 hommes sous
les ordres de son beau-frère le général Leclerc (après le
rétablissement de l'esclavage). Il avait pour mission de démettre
Louverture. Mais, après quelques victoires, l'arrestation et la
déportation de Toussaint Louverture, les troupes françaises commandées
par Rochambeau finirent par
être battues à la bataille de Vertières par Jean-Jacques Dessalines.
Au terme d'une double bataille pour la liberté et l'indépendance,
remportée par d'anciens esclaves sur les troupes de Napoléon Bonaparte, l'indépendance du pays fut proclamée le 1er janvier 1804. Le nom
de Haïti fut donné au pays. Haïti est le premier pays au monde issu de
l'abolition de l'esclavage.
Instabilité de
l'Independance a nos jours [modifier]
Dessalines fut proclamé gouverneur à vie par ses troupes. L'histoire
rapporte qu'il exécuta certains blancs restés sur l'île et gouverna en
despote. Il fut assassiné à son tour le 17 octobre 1806. Le pays
se divisa alors en deux, un royaume au nord avec Henri Christophe et une république au sud avec Alexandre Pétion.
En 1822, le président Jean
Pierre Boyer réunifia les deux parties Nord et Sud et conquit la partie est de l'île, colonie
espagnole.
Le président Pétion initia des négociations
pour la reconnaissance d'Haïti en 1814. Elles durrèrent jusqu'en 1824.
Le 11 juillet 1825, le roi
de France Charles X promulgua une ordonnance qui
reconnaissait l'indépendance du pays contre une indemnité de 150
millions de francs-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90
millions de francs).
Le 27 février 1844, malgré les attaques incessantes de la part des
Haïtiens, la République dominicaine se déclarait à
nouveau indépendante.
Une longue succession de coups d'État suivit le départ de Jean
Pierre Boyer. Le pouvoir ne cessait d'être contesté par des factions
de l'armée, les élites mulâtre et noires, et la classe marchande,
désormais composée majoritairement d'étrangers (Allemands,
Américains, Français
et Anglais).
Le pays s'appauvrit, peu de chefs d'État se préoccupaient de son
développement. Dès que le pouvoir se fragilisait, des révoltes armées se
déclenchaient, entretenues par les candidats à la succession.
En 1847, Faustin Soulouque fut élu président de la
République mais transforma le pays en empire d'Haïti le 25 août 1849 et devint
Faustin Ier. Despote, il fuit le pays suite
à un soulèvement populaire en 1859.
Au début du XXe siècle, le pays
était en état d'insurrection quasi-permanente. Cet état de fait favorisa
l'invasion de l'île par les troupes du président Wilson en
1915 pour contrer l'influence de l'Empire allemand. Les États-Unis occupèrent l'île de 1915 à
1934. Après le départ des américains, l'instabilité politique (entre
militaires et populistes) reprit, et ne s'acheva qu'à partir de 1957 avec la
dictature des familles Duvalier jusqu'en 1986. Partisan
de la lutte contre les mulâtres, il assit son pouvoir personnel sur la
délation et des partisans surnommés tontons macoutes, escadrons de la mort. La dictature des
Duvalier fut responsable de nombreuses tueries, de massacres d'opposants
et de la population civile telle que le massacre de la ville de
Jérémie, connu sous le nom « vêpres Jérémiennes » en 1964. De nombreux
Haïtiens s'exilèrent, notamment aux États-Unis et au Canada.
Après avoir fait face à plusieurs coups d'état, son fils Jean Claude Baby Doc fut finalement chassé par une
insurrection populaire en 1986 et la démocratie s'établit peu à peu
après le déchoucage des notabilités compromises avec le
régime précédent.
Haïti depuis
1990 [modifier]
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La forme ou le fond de cet article
est à vérifier.
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Élection
d'Aristide et coup d'État (1991-1994) [modifier]
L'ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide remporte les
élections de décembre 1990. Son mandat débute le 7 février 1991, mais un
coup d'État mené par Raoul Cédras et des militaires (soutenus par la bourgeoisie
d'affaires et par les États-Unis) le renverse dès le mois de septembre.
Aristide s'exile aux États-Unis. Pendant trois ans les milices (elles
aussi soutenues par les États-Unis[4])
« nettoient » la population en intimidant et en assassinant les leaders
syndicaux et responsables locaux qui avaient constitué la base de la
résistance aux Duvalier et l'appui à l'élection d'Aristide. La plus
importante de ces forces paramilitaires, le FRAPH, avait été fondé par
le pion local de la CIA[5],
Emmanuel Constant.
Retour d'Aristide au
pouvoir (1994-1995) [modifier]
En 1994,
Aristide est rétabli au pouvoir par l'administration de Bill
Clinton, lors de l'opération "Rétablir la démocratie"[6]à
la condition qu'il renonçât à récupérer les années perdues lors de
l'intermède militaire et qu'il se pliât à un programme néolibéral[7][8],
surnommé "plan de la mort" par les haïtiens[9].
Il s'agissait en fait du programme[10]
de son opposant lors des dernières élections, un ancien fonctionnaire
de la Banque mondiale, Marc
Bazin[11].
Son retour fut par ailleurs marqué par le démantèlement de l'armée
jugée responsable de l'instabilité politique.
Premier mandat de
Préval (1995-2000) [modifier]
Aristide quitte la présidence en 1995 et René
Préval lui succède. Malgré son appartenance à Lavalas, le parti
d'Aristide, il n'est soutenu que du bout des lèvres par l'ancien
président. Il applique immédiatement le plan américain[12],
ce qui provoque un véritable tollé dans l'île.
Second
mandat d'Aristide et nouveau coup d'État (2000-2004) [modifier]
Mission intérimaire de l'ONU en 2004
Aristide est réélu en 2000 avec une abstention estimée à 90% par l'ONU[13].
Il oriente sa politique vers la classe dirigeante, même s'il tente
quelques timides réformes. Il durcit également son pouvoir, qui devient
de plus en plus autoritaire, notamment en s'appuyant sur les
« chimères », des hommes de main qui terrorisent la population[14].
Après plusieurs mois de manifestations populaires et de pressions
exercées par la communauté internationale, plus particulièrement par la
France et les États-Unis, Aristide est obligé, le 29 février 2004, de quitter le pays par un commando des forces
spéciales des États-Unis[15].
Boniface Alexandre, président de la Cour
de cassation, assure ensuite le pouvoir par intérim.
Second mandat de
Préval (depuis 2006) [modifier]
En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes
sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l'appui de
manifestations populaires, René Préval est élu.
Séisme de 2010
[modifier]
Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7,0 sur l'échelle de Richter
frappe l'ouest d'Haïti et notamment sa capitale : Port-au-Prince. Il est
suivi de plus d'une centaine de répliques. Il s'agit du séisme
le plus important et le plus meurtrier de l'histoire d'Haïti, allant
jusqu'à désorganiser totalement le fonctionnement de l'État, à l'image
de l'effondrement de plusieurs bâtiments publics comme le palais présidentiel qui entraîna la
mort de plusieurs membres du gouvernement, le président Préval et son
premier ministre Jean-Max Bellerive réchappèrent de peu. De plus, des
milliers de détenus alors incarcérés à la prison de Port-au-Prince se
sont échappés, suite à l'effondrement de celle-ci, fragilisant encore
plus une situation sécuritaire déjà précaire.
La Mission
des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) fut
également dévastée par l'écroulement de son quartier général à
Port-au-Prince : plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi
Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus. Le bilan de ce
cataclysme sismique s'élève, au 24 février 2010, à plus de 222 500
morts, 300 000 blessés et 1 000 000 de sans-abri. Mais le général
Ken Keen, qui dirige la force spéciale américaine en Haïti, a évoqué
celui de 150 000 à 200 000 morts comme « hypothèse de travail ». Barack
Obama parle « de la plus grande catastrophe humanitaire qu'aient eu à
gérer les États-Unis d'Amérique ». Les États-Unis y ont dépêché sur
place 16 000 militaires, l'Union européenne 1 500[16]
Étant donné qu'il sera impossible de déblayer tous les gravats à
courte échéance, les autorités haïtiennes envisagent de reconstruire
plusieurs quartiers de Port-au-Prince aux alentours de la capitale
haïtienne.
Le 20 janvier 2010, à 6 heures (heure locale), une réplique de
magnitude 6,1 sur l'échelle de Richter, ressentie à 60 km à
l'ouest de la capitale en ruine, frappe à nouveau le pays.
Le 22 janvier 2010, un effort « mondial » (mobilisant notamment le
Canada, les États-Unis, la France…) est consenti afin de recueillir plus
d'un milliard de dollars dans un fonds d'aide.
Le 16 février 2010, le coût de reconstruction de la capitale
haïtienne et de ses environs est estimé entre 8 et 14 milliards de
dollars.
Haïti est une république. Le droit de vote est accordé à tous
les citoyens âgés de 18 ans.
Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres : le Sénat et la
Chambre des Députés. Le chef de l’exécutif est le président de la
république René Garcia Préval. Le chef du gouvernement est
le premier ministre Jean-Max Bellerive.
Le premier ministre ne peut être révoqué par le président, mais peut
être interpellé par le sénat et renvoyé après un vote de censure par ce
dernier[17].
Haïti est divisée en 10 départements :
Il existe aussi ce qui est couramment appelé le « 11e département », représentant les quelque deux
millions d'Haïtiens vivant à l'extérieur du pays : la diaspora
haïtienne.
80 % des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté et 54 % dans
la pauvreté la plus totale. À cause de la déforestation accélérée, Haïti reste un pays
vulnérable aux catastrophes naturelles. En 2008,
quatre cyclones ont ravagé le pays et causé
d’énormes dégâts matériels aux infrastructures routières et au secteur
agricole. En octobre 2008, le congrès américain a voté la loi HOPE II (Hemispheric
Opportunity through Partnership Encouragement : « opportunité
hémisphérique par l'encouragement aux partenariats »), pour permettre
aux produits manufacturiers, particulièrement le textile d’avoir accès
sans tarif douanier au marché américain. Les transferts d’argent de la diaspora
demeurent une importance source de devise, représentant un quart du produit intérieur brut et deux fois
la valeur des exportations. Haïti souffre d’une inflation élevée et d’un
manque d’investissement à cause de l’insécurité, des infrastructures
limitées et d'un déficit commercial important. Le gouvernement dépend de
l’aide internationale pour financer en partie le budget. Plus d'un
Haïtien sur quatre est sous-alimenté, soit 1,9 million de personnes,
selon un rapport du conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA)
haïtien. Le taux de chômage atteint plus de 65 % de la population
active. L’agriculture emploie plus de deux tiers de la population en âge
de travailler. Ce sont des fermes de subsistance, de dimensions
restreintes, où le café, le cacao, le sisal, le coton, les mangues constituent les principales exportations.
L’explosion démographique et le manque de compétitivité par rapport aux
produits importés ont affaibli considérablement ce secteur, dont la
production se trouve de plus en plus destinée au marché intérieur avec
des produits tels le maïs, le riz, les fruits.
La capitale, Port-au-Prince, concentre les activités industrielles.
Les principales productions sont les composants électroniques, le textile
et les balles de baseball. Les programmes sociaux établis par le
gouvernement sont limités, en dépit d’une nette augmentation en 2009.
Certaines agences offrent des pensions de retraite et des allocations
pour les accidents du travail. L'accès aux emprunts est faible, 2 % du
crédit du système bancaire finance le secteur agricole et le
développement rural.
Le 17 avril 1825, le roi de France Charles X concède « l’indépendance pleine et entière » à
l’ex-colonie d´esclaves française moyennant une somme de 150 millions
de francs-or
(la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs), ce qui est
l´origine de l´endettement du pays.
Dans les années 1880, les finances publiques sont dans un extrême désordre vu
l'instabilité politique persistante. Le revenu est évalué à 21,5
millions de francs et les dépenses au double de cette somme. La dette publique s'élève alors à 12 millions de piastres fortes (1 piastre valant 5 francs) dont 308 000
piastres pour le solde de la dette française (1 540 000 francs)[18].
Le 7 avril 2003, le président Jean-Bertrand Aristide a réclamé
officiellement à la France près de 21,7 milliards de dollars en
« restitution et réparation » de la dette.
Parallèlement une dette extérieure totale de 1,2 milliard de dollars
« s’est construite sur la dette de l’indépendance », notamment sous « la
dictature des Duvalier entre 1957 et 1986, (qui) a ravagé et
fortement endetté le pays », indique encore le Comité pour
l'annulation de la dette du tiers monde (CADTM)[19].
Cette association estime que le régime des Duvalier est responsable à
lui seul de 550 millions de dollars de la dette extérieure du pays.
Le 24 décembre 2003, le CADTM a réclamé l’annulation de la dette
qualifiée d'« illégitime et odieuse » de Haïti, à la veille du
bicentenaire de l’indépendance de la République caraïbe.
Sans nier une dette de la France à l'égard de leur pays, l'opposition
et les intellectuels de la diaspora refusent de s'associer à une
demande émanant d'un régime aussi corrompu et peu démocratique que celui
du président Aristide[20].
En 2009,
suite à l'Initiative pays pauvres
très endettés, 1,2 milliard de dollars de dette ont été annulés par
la Banque mondiale et le FMI[21].
Début 2010, la dette extérieure est évalué par Oxfam international à 890 millions de dollars soit
630 millions d'euros[22].
Langues
officielles [modifier]
Haïti possède deux langues officielles :
-
Haïti
et la Francophonie [modifier]
Haïti fait partie de la Francophonie
et en est membre depuis le début de la création de l'organisation
internationale de la communauté de langue française.
Sur le plan international, l'entrée d'Haïti à l'Union panaméricaine,
l'actuelle OEA (Organisation des États
américains), a permis au français de devenir l'une des langues
officielles de travail de cet organisme ; et lors de la fameuse conférence de Bretton Woods, où
l'utilisation du français comme langue de travail à l'Organisation des
Nations unies naissante ne fut décidée que par une voix de majorité,
Haïti avait voté en faveur de cette décision[23].
Haïti fut membre fondateur de l'Agence de
coopération culturelle et technique (ACCT), lors
de la création de celle-ci le 20 mars 1970.
Dans chaque chef-lieu de département, il existe une Alliance française. Dans la plupart des
cas, les locaux sont offerts par la municipalité et des bénévoles
haïtiens collaborent au rayonnement culturel de l'Alliance.
Autres
langues et diaspora [modifier]
En raison de la diaspora haïtienne installée en République dominicaine et aux États-Unis
(notamment à Miami
et à New
York), un certain nombre d'Haïtiens parlent également l'espagnol
ou l'anglais.
Une autre partie de cette diaspora s'est dirigée vers les pays ou
régions francophones comme la France
(mais aussi en Martinique, Guadeloupe
et Guyane),
le Canada
(au Québec
et notamment à Montréal), la Belgique
et la Suisse.
Haïti a pour codes :
- HA, selon
la liste des codes pays
utilisés par l'OTAN, code alpha-2,
- HAI,
selon la liste des codes pays du CIO,
- HH, selon
la liste
des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs,
- HT, selon
la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2,
- .ht,
selon la liste des Internet TLD (Top level domain),
- HTI,
selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-3,
- HTI,
selon la liste des codes pays
utilisés par l'OTAN, code alpha-3,
- HTG, selon la liste complète des codes
alphabétiques ISO 4217 des monnaies,
- MT, selon
la liste des
préfixes des codes OACI des aéroports,
- RH, selon
la liste
des codes internationaux des plaques minéralogiques,
- ↑
Article 4 de la Constitution de la République d'Haïti : « La devise
nationale est : l'Union fait la force »
- ↑
Articles Saint-Domingue, Hispaniola et Haïti du Dictionnaire universel d'histoire et de
géographie par Marie-Nicolas Bouillet, édition de 1878,
disponible sur le site de gallica [archive]
- ↑
Le Petit Robert des noms propres – Édition 2007.
- ↑ Miami
Herald, 1er août 2001 / St
Petersburg Times, Floride, 1er septembre
2002 / Juan Gonzalez, New York Daily News, 24 février 2004 / Miami
New Times, 26 février 2004 / Haiti’s Nightmare:The Cocaine Coup & The CIA
Connection [archive]
- ↑
Voir le rapport [archive]
de Human Rights Watch de 1997 sur Haïti / Emmanuel Constant confirma
dans l’émission "60 Minutes" de la CBS, en 1995, que la CIA le payait
environ 700 dollars par mois et qu’il avait créé le FRAPH
- ↑ (en) Invasion, Intervention,
"Intervasion": A Concise History of the U.S. Army in Operation Uphold
Democracy [archive]
Walter E. Kretchik, U.S. Army Command and General Staff College Press,
1998
- ↑
Lire Ashley Smith site du CATDM [archive]
et cet article de Bill Quigley [archive]
- ↑
Lire cette interview de Jean Lavalasse [archive]
- ↑
Lire à ce sujet cet article [archive]
d'Ashley Smith
- ↑ Noam Chomsky, 2004 [archive]
- ↑
Marc Bazin est nommé premier ministre par la junte putschiste en 1992 et
ministre de finances par Duvalier en 1983. Il avait recueilli 14% des
voix les des élections de 1990. Cet homme était considéré comme le
« favori » de Washington, il était également recommandé par le FMI en
1983 (Mining Annual Review, juin 1983).
- ↑
Lire la fiche de Préval [archive]
/ En 1995, un rapport de l’USAID expliquait que le « commerce par les
exportations et la politique d’investissements » que Washington imposait
allait « inexorablement faire pression sur les riziculteurs nationaux »
et les références bibliographiques en bas de page
- ↑ (fr)Haïti - MINUSTAH - Historique [archive]
- ↑
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- ↑ (fr)[pdf] Les médias en difficulté dans la
crise en Haïti ; La revanche du téléphone portable au pays de l'oralité [archive],
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- ↑ (fr) Les moyens de l'UE prennent le
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- ↑ Le
nouvelliste Haïti, 25 octobre 2009.
- ↑
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1886-1891, tome 3, p. 214
- ↑ (fr)Haïti : le CADTM réclame l’annulation d’une dette
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sur CADTM. Consulté le 2 mars 2010
- ↑ (fr)Données économiques [archive]
sur Biblio monde. Consulté le 2 mars 2010
- ↑ (fr) Haïti reçoit 1,2 milliard de
dollars américains pour l’allégement de sa dette [archive],
Banque mondiale, 30 juin 2009
- ↑ (fr) Haïti : les "pays amis" doivent
s'entendre pour effacer la dette (Oxfam) [archive],
Le
Monde, 25 janvier 2010
- ↑ Haïti et la Francophonie [archive]