Guyane 973
La Guyane (ou Guyane française) est une région et un département d'outre-mer (DOM) français d'Amérique du Sud. Son code Insee est le 973. Avec une superficie[1] de 83 846 km2, la Guyane est le plus grand département français. C'est également le plus boisé, 96 % du territoire étant couvert d'une forêt équatoriale qui reste parmi les plus riches et les moins écologiquement fragmentées du monde.
La Guyane fait partie des sept régions ultrapériphériques (RUP) de l'UE. C'est en outre l'un des seuls territoires de l'UE en Amérique du Sud avec les Antilles Néerlandaises.
Son nom officiel est « Guyane ». L'ajout de l'adjectif « française » dans les dénominations courantes est une commodité de langage issue de la période coloniale, alors qu'existaient trois Guyanes : la Guyana (Guyane britannique), le Suriname (Guyane néerlandaise) et la Guyane française.
Le terme « Guyane » est d'origine indigène.
Dans le dialecte guanao, c'est-à-dire
celui de la population amérindienne du delta de l'Orénoque,
guai signifierait « nom », « dénomination », yana est une
négation. D'où Guayana qui est encore le terme italien pour désigner le
massif
des Guyanes. « Guyane » voudrait donc dire « sans nom », « ce qu'on ne
peut nommer ». La Guyane serait donc la terre « qu'on n'ose nommer »,
«la terre sacrée», « la maison de l'être suprême».
À cette divinité se rattacherait la légende de l'Eldorado
(le doré) qui n'est une invention européenne, mais une superstition
indigène.
Paradoxalement, le terme de Guyane serait donc une appellation digne de
cet Éden,
longtemps mystérieux, paradis terrestre rêvé par les uns, enfer vert subi par les autres.
La côte de Guyane fut reconnue par Christophe Colomb en 1498. En 1503
commencent les premières implantations françaises dans la zone de
Cayenne. En 1604, la colonie de Guyane prend le nom de France
équinoxiale. La Guyane restera alors une colonie française jusqu'au 19 mars 1946, où elle
obtient le statut de département d'outre-mer.
Elle reste célèbre pour le bagne de Cayenne qui fit sa réputation car seul
3 % des prisonniers y ont survécu[réf. souhaitée].
La France attendait des détenus qu'ils fussent aussi des colons. Mais ce fut un échec. La fermeture du
bagne a été obtenue, après la seconde guerre
mondiale, suite à la publication de 27 articles d'Albert Londres et sous l'impulsion de Gaston Monnerville. C'est en 1938 que le
dernier convoi de bagnards a fait route vers la Guyane mais ce n'est
qu'en 1945
que l'Assemblée constituante décida de
rapatrier les survivants qui le souhaitaient (très peu sont restés).
L'opération prit huit ans.
Administration
et politique [modifier]
Logo du conseil régional de Guyane
Découpage
administratif [modifier]
La Guyane est à la fois une région administrative
et un département français
d'outre-mer (DOM) dont la préfecture
est Cayenne.
Elle constitue avec la Guadeloupe
et la Martinique, situées dans les Antilles,
les départements
français d'Amérique (DFA).
Au niveau régional, la Guyane élit un conseil régional.
Au niveau départemental, la Guyane est découpée en 19 cantons qui élisent chacun un conseiller général
pour former le Conseil
général de la Guyane.
Il est prévu, suite à l'approbation par les Guyanais au cours d'un
référendum tenu le 24 janvier 2010[2],
de fusionner le conseil régional et le conseil général en une assemblée
unique ou « collectivité unique ».
Au niveau communal, il existe 22 communes dirigées
par des maires. Certaines de ces communes, comme Maripasoula
et Camopi,
ont des superficies supérieures aux départements métropolitains. De
plus, certaines communes sont subdivisées en villages supervisés par des
capitaines.
Par ailleurs, la Guyane est représentée au niveau national par 2 députés (voir les circonscriptions de la Guyane)
et 2 sénateurs.
Elle est aussi l'une des neuf régions ultrapériphériques de
l'UE.
Drapeau de la Guyane adopté par le conseil général le 22 janvier 2010
Trois tendances politiques se partagent la vie politique guyanaise.
Les deux principales forces politiques restent, à l'instar du reste de
la France, la droite loyaliste, représentée par l'UMP et la gauche
loyaliste, représentée par le parti socialiste guyanais (PSG),
le Walwari
(PRG), les forces
démocratiques de Guyane (FDG), le parti socialiste (PS) et les Verts.
Enfin, la troisième tendance politique, très minoritaire, est
l'extrême-gauche indépendantiste, représentée par le mouvement de
décolonisation et d'émancipation MDES.
Le 22 janvier 2010, au lendemain de la défaite des partis
indépendantistes lors de la consultation populaire du 10 janvier 2010
sur l'autonomie de la Guyane, les élus présents en assemblée au conseil
général de Guyane votent à l'unanimité pour la reconnaissance du drapeau
de la Guyane. Ce drapeau est l'emblème du syndicat indépendantiste UTG
(Union des Travailleurs Guyanais) depuis 1967 et du parti politique
MDES, au pouvoir au conseil général. La connotation politique ainsi que
le choix des couleurs panafricaines et de l'étoile rouge symbolisant
l'orientation socialiste du département suscitent une vive polémique.
Carte géographique de la Guyane
La Guyane est surtout connue pour accueillir, dans la ville de Kourou, le
Centre national d'études
spatiales (CNES), le Centre Spatial Guyanais (CSG) (base
de lancement des fusées Ariane et lanceur civil européen
de satellites commerciaux).
Au XIXe siècle et au début
du XXe, elle était surtout connue
comme lieu de déportation des bagnards
condamnés aux travaux forcés au Bagne de Cayenne. Le bagne a été aboli mais il subsiste des
bâtiments aux Îles du Salut, à Saint-Laurent-du-Maroni, etc.
La Guyane est frontalière du Brésil
(sur 730 km), ce qui fait du
Brésil le pays ayant la plus grande frontière terrestre avec la France,
devant le Suriname (sur 510 km).
Elle possède un climat équatorial. Son chef-lieu est Cayenne.
Seule la bande côtière est facilement accessible, le reste du
territoire est couvert par une forêt équatoriale
dense, pour l'essentiel une forêt primaire, accessible seulement par voie fluviale
ou aérienne.
Environnement, faune,
flore, forêt [modifier]
Cette région est parmi les plus riches du monde en matière de biodiversité tant animale
que végétale.
La forêt guyanaise est une forêt primaire à très haut niveau de biodiversité (hot-spot parmi les plus
riches au monde), protégée par un tout nouveau parc national et six réserves naturelles. L'Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l'Union européenne (UE) y recommandent des efforts
particuliers de protection[3].
Suite au Grenelle de
l'environnement de 2007, le projet de Loi Grenelle II (dans son article 49) a
proposé (en 2009, et sous réserve de modification) la création d’une
entité unique chargée pour la Guyane de contribuer à la mise en œuvre
des politiques de connaissance et de conservation du patrimoine naturel
amazonien (avec compétence dans les domaines de la faune, flore, les habitats naturels et semi-naturels
terrestres, fluviaux et côtiers, et sur le fonctionnement des
écosystèmes). Il contribuera à appliquer les politiques
environnementales conduites par l’État et les collectivités
territoriales et leurs groupements. L'Art 64 du projet de loi prévoit
aussi un « schéma départemental d’orientation minière » pour la
Guyane, promouvant une exploitation minière
compatible avec les exigences de préservation de l’environnement[4].
L'environnement de la frange littorale est celui qui, le long de la
RN1, a historiquement connu le plus de modifications, mais une forte
artificialisation est localement constatée le long de la RN2 et là où
les orpailleurs opèrent à l'ouest de la Guyane.
La forêt humide de Guyane s'est paradoxalement
épanouie sur un des sols les plus pauvres du monde, en azote, en potassium,
en phosphore
et en matières organiques. Pour cette raison, et
parce que cette zone a toujours conservé des refuges pour toutes ses
espèces lors des périodes sèches ou de glaciation terrestre, cette forêt
abrite des écosystèmes uniques qui sont parmi les plus
riches et les plus fragiles du monde : forêts tropicales primaires très
anciennes, mangroves, savanes, inselbergs
et nombreux types de zones humides.
L'acidité des sols est également à l'origine de
cette médiocrité des sols guyanais. Elle contraint les agriculteurs à chauler les champs,
et a conduit au mode traditionnel d'agriculture sur brûlis :
les cendres participent à l'élévation du Potentiel hydrogène (pH) en plus de
l'apport de sels minéraux.
On peut toutefois noter que des sites de Terra
preta (sols anthropogéniques)
ont été découverts sur le territoire, notamment près de la frontière
avec le Brésil. Des recherches sont activement menées par des
acteurs de disciplines multiples pour déterminer le mode de création de
ces sols les plus riches de la planète. L'hypothèse a été avancée que
l'existence même de la forêt tropicale est due à ces interventions
humaines intelligentes du passé (voir l'article Terra
preta), où le brûlis (slash-and-burn) était remplacé par le charbonnage
(slash-and-char).
5 500 espèces végétales ont été répertoriées, dont plus d'un millier
d'arbres, 700 espèces d'oiseaux, 177 espèces de mammifères, plus de 500
espèces de poissons dont 45% lui sont endémique
(les poissons "limon" et les poissons à écailles) et 109 espèces
d'amphibiens. Les micro-organismes seraient bien plus nombreux encore,
notamment dans le nord qui rivalise avec l'Amazonie brésilienne, Bornéo
et Sumatra.
Ce seul département français abrite au moins 98 % de la faune vertébrée
et 96 % des plantes vasculaires de la France.
Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont la fragmentation
par les routes, qui reste très limitée comparativement aux autres forêts
d'Amérique du Sud, les impacts immédiats et
différés du Barrage de Petit-saut
d'EDF, de l'orpaillage
(Opération Anaconda en Guyane),
d'une chasse chaotique et du braconnage
facilités par la création de nombreuses pistes et l'apparition des quads. L'exploitation forestière reste modérée en
raison du manque de route, de part et de la difficulté du climat et du
relief. Une ordonnance du 28 juillet 2005 a étendu le code forestier
français à la Guyane, mais avec des adaptations et dérogations
importantes. Dans une approche qui se veut durable, des concessions ou des
cessions gratuites peuvent être accordées par des collectivités
territoriales ou d’autres personnes morales pour leur utilisation par
des personnes tirant traditionnellement leur subsistance de la forêt,
mais les moyens utilisés n'étant plus toujours les moyens traditionnels,
et l'écosystème guyanais étant vulnérable, les impacts
de l'exploitation ou de la chasse pourraient être importants.
La moitié de la biodiversité française est en Guyane : 29 % des
plantes, 55 % des vertébrés supérieurs (mammifères, oiseaux,
poissons...) et jusqu'à 92 % des insectes. Tout cela dans un seul
département de 86 504 km². Un
parc national et six réserves naturelles oeuvrent à la préservation de
milieux et d'espèces aussi divers qu'uniques.
Les plages de la réserve naturelle de l'Amana, sur la commune
d'Awala-Yalimapo, dans l'ouest, constituent pour les tortues marines un
site de ponte exceptionnel. C'est l'un des plus importants au niveau
mondial pour la tortue luth.
L'Économie de la Guyane est lourdement dépendante du soutien du reste
de la France et de l'industrie spatiale (CSG). Il existe peu de lignes
aériennes directes à destination des autres pays de l'Amérique du Sud, mis à part le Brésil.
Toutefois, il est possible de se rendre dans le reste de l'Amérique en
faisant escale à Pointe-à-Pitre-Pôle Caraïbes (Guadeloupe)
ou à Fort-de-France-Aimé Césaire
(Martinique).
Infrastructure
[modifier]
En 2006,
la population de la Guyane était de 206 000 habitants. Elle est en
forte croissance, puisqu'ils étaient 115 000 en 1990[5]
et 157 000 en 1999[5].
C'est la conséquence d'une grande différence entre le taux de natalité
de 31 ‰ et le taux de
mortalité d'environ 4,2 ‰. La
Guyane est le département français où le taux de natalité est le plus
élevé et le taux de mortalité est le plus faible[6].
L'indice guyanais de fécondité était de 3,98 enfants par femme en 2006.
C'est une population jeune (l'âge médian est de 28,6 ans)[7]
et en 1999,
43,3 % de la population avait moins de 20 ans[5].
La population de la Guyane est en constante augmentation. Elle
devrait passer à 425 000 en 2030[8]
(600 000 selon une hypothèse haute), en raison d'un fort taux de
croissance naturelle (excédent des naissances sur les décès) et sous
l'effet d'une immigration importante (souvent clandestine) venant des
pays limitrophes (Brésil, Guyana, Haïti, Suriname...).
Celle-ci est motivée par l'or, un système de santé avancé, des
écoles performantes par rapport à leurs pays d'origine, un État-providence généreux (RMI et allocations familiales notamment),
ainsi que des salaires plus attractifs.
Populations
actuelles [modifier]
Localisation géographique du peuple des
Kali'nas
en Guyane Française
Le nombre exact d'habitants n'est pas connu, en raison notamment de
la présence de milliers de clandestins, pour la plupart employés à la recherche de l'or. La population est
essentiellement groupée dans quelques communes sur le littoral, le long
de la RN1 (bande littorale) et au bord des grands fleuves et de leurs
estuaires. De nombreuses communautés coexistent[9],
venant de 80 pays, avec aujourd'hui une quarantaine de nationalités,
dont :
- Les Créoles guyanais (environ 40 % de la population)
- Les Amérindiens répartis en six ethnies (les Arawaks,
les Palikurs,
les Kali'na,
les Wayanas, les Wayampis, et les Emerillons). Ils représentent environ 4 500
personnes.
- Les descendants des Noirs Marrons, appelés "Bushinengés" (les Saramacas,
les Paramacas, les Bonis ou Alukus, les Djukas ou Bosches). Ils représentent au moins 4 000
personnes.
- Les H'mongs, arrivés le 6 septembre 1977,
représentent environ 2 000 personnes regroupées sur les communes de
Roura (village de Cacao) et Mana (village de Javouhey).
- Les Métropolitains représentent actuellement environ 12 % de la
population.
- Les autres populations (Chinois, Libanais, Brésiliens,
Haïtiens,
Surinamais,
Guyaniens,
Hindustanis,
Javanais du Suriname, Péruviens,
etc.) représentent près de 40 % de la population de Guyane.
La population étrangère en situation irrégulière (clandestins) est
estimée entre 40 000 et 60 000 personnes, en plus des 230 000 habitants
répertoriés.
Au 7 août 2006, selon Survival,
« dans la partie amazonienne du département français de la Guyane
vivent aujourd'hui quelque dix mille Amérindiens dont les droits à la
propriété collective de leurs terres, sur lesquelles ils étaient
autrefois souverains, ne sont toujours pas reconnus ».[10]
Le taux de chômage officiel oscille autour de 29,5 %.
Parmi les agriculteurs, on compte des H'mongs qui cultivent
entre autres les fruits, le manioc et
font du maraîchage.
Défilé du Carnaval dans les rues de Cayenne en 2006
Pâques en
Guyane [modifier]
À Pâques
les Guyanais mangent un plat typique de la Guyane le bouillon d'awara.
Carnaval de
guyane [modifier]
Le Carnaval
est l'un des événements majeurs de Guyane. Il se déroule, les après-midi
de dimanche,
entre l'Épiphanie au début de janvier,
et le Mercredi des Cendres en février
ou mars. Des groupes déguisés selon la thématique de l'année, y
défilent autour de chars décorés, au rythme des percussions et des cuivres. La préparation des
groupes durent des mois avant le carnaval. Les groupes défilent devant
des milliers de spectateurs qui se masse sur les trottoirs
et les gradins aménagés pour l'occasion.
Puis, au début de soirée, les touloulous
se rendent dans les dancing.
Des groupes brésiliens identiques à ceux
que l'on rencontre au Carnaval de Rio, sont également appréciés pour leurs rythmes et
leurs costumes affriolants. La communauté asiatique de Cayenne
participe également aux défilés
en apportant sa touche caractéristique, avec des dragons.
Personnalités
guyanaises [modifier]
La langue
officielle de la Guyane est le français.
Mais de nombreuses autres langues locales existent. Ainsi, les langues
régionales officielles sont le créole guyanais, 6 langues amérindiennes (arawak, palikur,
kali'na, wayana, wayampi, émerillon), 4 dialectes noirs marrons (saramaca,
paramaca, boni, djuka), ainsi que le h'mong (langue laotienne). Enfin, les
autres communautés formant une partie non négligeable de la population
parlent quotidiennement le portugais,
le chinois, le créole haïtien, l'espagnol,
l'anglais,
etc. Les dialectes noirs marrons, parlés par les
Surinamais et les Busi-Nengue dans leur ensemble, sont regroupés sous le
nom de « sranan tongo » (la langue
du Suriname)
ou de « taki taki » (de l'anglais
« talk talk »), mais ce dernier terme peut avoir une connotation
péjorative.
Depuis juillet 2009, le commandant des forces armées en Guyane est le général
Jean-Pierre Hestin. Il y a 1 900 militaires et il est prévu une
augmentation des effectifs d'ici 2014-2015[11].
- 3e
régiment étranger d'infanterie (3e REI)
de Kourou
(Légion étrangère)
- 9e
régiment d'infanterie de marine (9e
RIMa) de Cayenne,
à la Madeleine.
- Les gendarmes divisés en
Gendarmes départementaux, répartis dans les 16 brigades que compte le
département (à Chaton et à la route de la Madeleine situés à Cayenne).
D'autres brigades à Remire-Montjoly, Cacao, Régina,
Saint-Georges-de-l'Oyapock, Camopi, Macouria,
Kourou,
Sinnamary,
Iracoubo,
Mana, Saint Laurent du Maroni, Apatou, Grand-Santi,
Papaïchton et Maripasoula)
et en gendarmes mobiles en séjour de 3 mois. En septembre 2009, la
gendarmerie de Chaton a déménagé à Matoury.
- Le RSMAGy Régiment du Service Militaire
Adapté de la Guyane situé à Saint-Jean-du-Maroni,
avec un détachement à Cayenne.
On note également des détachements d'autres corps d'armée :