Guadeloupe 971
La Guadeloupe (prononcée : [gwa.də.lup]), en créole, Gwadloup, est à la fois
une région, un département d'outre-mer français et une région ultrapériphérique européenne situé en Amérique.
L'Institut
national de la statistique et des études économiques (INSEE) lui
attribue le code 971.
Ce petit archipel des Antilles,
dans la mer des Caraïbes, se trouve à environ 6 200
km de la France métropolitaine, à 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 700 km
à l'est de la République dominicaine et à 2 200 km au sud-est des États-Unis.
Autrefois appelée Calaou çaera, puis Karukera « île aux
belles eaux », la Guadeloupe tient son nom actuel du Monastère royal de
Santa María, situé dans la ville espagnole
de Guadalupe, dans la province de Cáceres en Estrémadure, dont la statue de la Vierge (la
« Virgen de Guadalupe »), était vénérée par Christophe Colomb qui vint la remercier pour son aide lors
de la découverte du « Nouveau monde ».
La région de la Guadeloupe est un archipel de 1 628 km2
qui comprend une multitude d'îles, dont six sont habitées ; parmi
elles, s'en distinguent deux :
Tout à la fois proches et dissemblables, ces deux îles sont séparées
par un étroit bras de mer : « la Rivière Salée ». Leur configuration et leur
position de part et d'autre de ce bras
de mer font qu'elles sont souvent comparées aux ailes d'un papillon
déployé sur la mer. À quelques encablures du papillon, se trouvent les
autres îles qui composent l'archipel :
Selon les connaissances actuelles, les Arawaks
venus du Vénézuela, dans le bassin de
l'Orénoque, furent les premiers à avoir occupé la Guadeloupe. Cette
population pacifique de pêcheurs a vu arriver à partir du IXe siècle des indiens caraïbes, un peuple guerrier
pratiquant le cannibalisme. Ces indiens baptisèrent l'île,
« Karukera » (l'île de gommier, l'arbre nommé caloucéra en caraïbe), et
occupèrent les lieux jusqu'à la fin du XVe siècle,
c'est-à-dire jusqu'à l'arrivée des premiers européens...
L'histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb arrive sur l'île de la Basse-Terre lors de son
deuxième voyage. Il la nomme Santa Maria de Guadalupe de Estremadura
en hommage à un monastère espagnol. À l'époque, la Guadeloupe est
peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur
l'île depuis le VIIIe siècle (appelés aussi Karibs ou Caribes).
Elle était habitée auparavant par les Arawaks,
qui selon une thèse aujourd'hui sujette à controverse, furent massacrés
à l'arrivée des indiens caraïbes, en dehors des femmes qui transmirent
leur langue.
À partir de 1635,
Charles Liènard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville en
prennent possession au nom de la Compagnie française des îles de
l'Amérique. C'est le début de la colonisation de l'archipel.
En 1641,
se termine la guerre entre colons et Caraïbes. Ces derniers, déjà
diminués par les maladies et les massacres depuis les premiers colons
espagnols, sont envoyés sur l'île de la Dominique. Les débuts de la colonisation
sont difficiles, c'est ainsi que quatre compagnies commerciales font
faillite en tentant de coloniser les îles guadeloupéennes. La population
augmente cependant rapidement et l'esclavage arrive, mais en petites
quantités. En 1656, les esclaves sont déjà 3 000 à travailler sur
l'archipel, pour une population de 15 000 personnes[1].
En 1671, la Guadeloupe est encore habitée par de nombreux colons
blancs qui cultivent du tabac, sur des plantations nécessitant peu de
capitaux, dans le cadre de la Compagnie
des Indes occidentales, dissoute en 1674.
L'archipel guadeloupéen et la Martinique
passent alors sous l'autorité directe du roi de France Louis XIV, qui décida alors de développer la
culture de la canne à sucre, plus onéreuse mais beaucoup plus rentable,
en donnant des terres à des officiers supérieurs et en les encourageant à
y importer des esclaves. Après 1671, le nombre de planteurs blancs
diminue rapidement et en 1674, la création de la ferme du tabac entraîne leur ruine rapide. Moins taxé, le
tabac produit en Virginie par des planteurs jacobite
profite de la contrebande et prend son essor.
L'augmentation rapide de la population d'esclaves correspond aussi à
la création en 1673 de la Compagnie du Sénégal, ancêtre de la Compagnie de Guinée, dans le sillage de
la Compagnie royale d'Afrique,
fondée en 1672. Dès 1671, le monopole de la Compagnie
des Indes occidentales est aboli, pour ouvrir la concurrence à tous
les ports français, dans la traite négrière, dont le
développement massif, par des Français et des Anglais, fait flamber le
prix des esclaves mais abaisse le coût de leur transport et satisfait
les planteurs de sucre.
Dès 1700, la population d'esclaves, qui avait avait fortement reculé
en Guadeloupe entre 1664 et 1671 (passant de 6 323 à 4 627 personnes)
est remontée à 6 076 personnes. Cet essor de l'esclavage est cependant
moins rapide qu'à la Martinique, à qui la traite négrière réserve
les esclaves les plus résistants, où Louis XIV a installé plus de nobles
de rang élevé et où la population noire double entre 1673 et 1680.[2].
Cette différence explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794, Victor
Hugues ait pu se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de
la Révolution française alors que la
Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre
alliés aux Anglais dans le cadre du traité de Whitehall.

Auparavant, les Britanniques s'emparèrent de la Guadeloupe dès 1759 pour la
conserver jusqu'en 1763 (traité de Paris), après des
tentatives infructueuses en 1666, 1691 et 1703. À partir de 1775, la
Guadeloupe, n'est plus rattachée à la Martinique mais reste sous
l'autorité du gouverneur des îles du Vent.
En avril 1794,
profitant des troubles provoqués par la Révolution française, les Britanniques
prennent brièvement possession de l'île, après la défaite le 20 avril de
Basse-Terre et la capitulation du général et gouverneur depuis 1792, Georges Henri
Victor Collot, d'où les chassent dès l'été Victor
Hugues un commissaire de la République, aidé par les esclaves
auxquels il avait promis la liberté. Ce dernier annonce, le 7 juin 1794,
l'abolition de l'esclavage (adopté par la Convention
au mois de février par la loi du 16 pluviôse an II). Victor
Hugues, dit « Le Terrible », met en place les lois de la Convention
et par conséquent le tribunal révolutionnaire. Les planteurs (dont
certains soutenaient l'Angleterre) ne se soumettant pas au nouveau
régime, sont traduits devant ce tribunal. La répression du commissaire
de la Convention sera étendue aux « anciens » esclaves qui se
révoltèrent pour ne pas avoir été payés. En 1798, le directoire
le rappela en France. Il a été remplacé par le général Desfourneaux.
Malgré sa volonté de réforme de la gestion locale, ce dernier est
également remis en cause par la population et par une partie de l'armée.
En 1802, le premier Consul Bonaparte nomme Lacrosse gouverneur. Ce dernier
tente de renvoyer de l'armée les officiers noirs, intégrés après
l'abolition de l'esclavage. Une révolte de ces officiers monte. Le
propre aide de camps de Lacrosse, Louis Delgrès, métis, deviendra un des
chefs de cette rébellion avec Joseph Ignace.
Bonaparte dépêche une expédition de 4 000 hommes
dirigés par le général Richepance pour mater la rébellion. Après une
défense héroïque, beaucoup de révoltés préfèrent se suicider plutôt que
de se rendre. « Vivre libre ou mourir » dernières paroles de Louis Delgres[3].
La loi du 16 pluviôse an II qui avait aboli l'esclavage est annulée le
16 juillet 1802 par Bonaparte.
En 1808, les Anglais mènent une nouvelle campagne d'invasion des
Antilles, prenant Marie-Galante et la
Désirade, puis en 1809, les Saintes. En 1810, la Guadeloupe est à nouveau
anglaise.
Après une première tentative d’invasion en 1814 (Saint-Barthélemy
avait été cédée à la Suède par le traité de 1784). Les
Britanniques ne restituèrent la Guadeloupe à la France qu'en 1816 (suite au
Congrès de Vienne). Depuis, elle est
restée sous souveraineté française jusqu’à nos jours.
Entre 1816
et 1825
une série de lois propres à l'île sont promulguées. Les institutions
municipales voient le jour en 1837 et en 1848, sous la Deuxième République,
l'esclavage est finalement aboli. Et Saint-Barthélemy est cédée de
nouveau par le Royaume de Suède à la France qui l’incorpore dans l’Empire français au sein de la
Guadeloupe.
La Guadeloupe a participé à la Seconde Guerre mondiale en fournissant
des hommes au FFL Forces françaises libres pour
participer à la résistance.
Le 19 mars 1946, les
anciennes colonies de l’Empire français font place à l’Union française, mais celle des Antilles françaises se
rapprochent du statut de la métropole et deviennent des départements d’outre-mer : la
Guadeloupe et la Martinique (le département de la Guadeloupe intégrera
aussi Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans un
arrondissement spécial).
Le 14 février 1952, dans la commune du Moule,
est organisée une grève par les ouvriers de l'usine Gardel pour une
hausse de leurs salaires, des barrages avaient été érigés par les
grévistes sur le piquet de grève. Finalement, les militaires français
sur place reçurent l'ordre de tirer sur la foule, le bilan est de 4
morts et 14 blessés. Selon certains témoignages, certaines victimes
n'avaient pas de lien direct avec la grève. Localement ces événements
sont appelés Massacre de la
Saint-Valentin.[4]
De nouvelles émeutes eurent
lieu les 25, 26 et 27 mai 1967 où ont lieu des manifestions ouvrières en vue
d'obtenir une augmentation salariale de 2,5 %. Ces manifestations donnent lieu à des
affrontements avec les CRS, et entraînent la mort de 5 à 87 personnes, selon
les sources, dont Jacques Nestor, un célèbre militant du GONG et plusieurs blessés. Les personnes
arrêtées seront relaxées par la cour.
Avec l'arrivée des Socialistes au pouvoir en France, la loi de
décentralisation est votée en 1982 et la
région de la Guadeloupe est créée, s'intégrant aux 22 régions de France métropolitaine.
Dans la foulée, le Conseil régional de la
Guadeloupe voit le jour en 1983.
Le 17 septembre 1989, le cyclone
Hugo infligea de sérieux dégâts à l'île. Situé dans une région très
exposée, l'archipel devra faire face à de nombreux cyclones, plus
particulièrement en 1995 quand 3 ouragans s'abattront sur les îles en moins
d'un mois.
Le 1er décembre 1999, la « Déclaration de Basse-Terre » est
signée. Les présidents de Région des DFA
proposent au président de la République et au Gouvernement une
modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un
statut nouveau de Région d'Outre-mer doté d'un régime fiscal et social
spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de
la République française d'une part, et de l'Union européenne d'autre part (article 299-2 du Traité
d'Amsterdam).
Le 7 décembre 2003, les électeurs de Guadeloupe ont rejeté à 73 %, le projet de création d'une
collectivité unique se substituant au département et à la région qui
coexistent sur le même territoire. Le même jour, les électeurs de Saint-Barthélemy et
de Saint-Martin ont voté en
faveur de l'autonomie de leurs communes, devenues par la loi organique
du 21 février 2007
deux Collectivités
d'outre-mer (COM)
distinctes des autres îles de Guadeloupe.
Le 21 novembre 2004, les îles
de Guadeloupe, et notamment l'archipel des Saintes, furent frappées par un violent
séisme atteignant les 6,3 sur l'échelle de Richter et causant de
nombreux dégâts matériels.
En janvier 2009,
la grève générale
des Antilles françaises destinée à protester contre la vie chère,
débute en Guadeloupe sous l'égide du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon
(« Unification contre l'exploitation » en créole)
et de son leader Élie
Domota, paralysant très vite l'économie de l'archipel.
En avril, Nicolas Sarkozy ouvre les Etats généraux de l'Outre-Mer en
Guadeloupe, de nombreux ateliers dont l'atelier gouvernance propose un
projet d'évolution statutaire à caractère autonome. En parallèle, les
Saintes ont eux fait part de leur projet d'évolution statutaire en
Collectivité d'outre-mer (COM) à l'article 74 de la constitution
distincte de la Guadeloupe. Ces projets sont en attente des
consultations populaires par référendum aux populations concernées.
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