DOM-TOM
La France d'outre-mer, souvent désignée par l'abréviation DOM-TOM
permet de désigner collectivement l'ensemble des terres sous souveraineté française
situées hors métropole. Les DOM-TOM ont une population de
2 653 942 habitants au 1er janvier 2010.[1]
L'acronyme
DOM-TOM signifie Département d'outre-mer - Territoire d'outre-mer.
Cette expression d'usage courant semble la seule utilisée pour
synthétiser la variété des statuts juridiques de ces terres, bien que,
depuis la modification constitutionnelle de 2003, cette
appellation ne soit plus relative au statut des territoires qu'elle
englobe.
Depuis le 6 novembre 2009, le ministre chargé de l’Outre-mer est Marie-Luce Penchard. Elle est placée
auprès de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de
l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales ministre depuis le 23 juin 2009.
De multiples
statuts [modifier]
Les outre-mer peuvent être répartis en plusieurs catégories :
Départements et
régions d'outre-mer [modifier]
Les départements et régions
d'outre-mer, (acronyme DOM, plus rarement DROM) dont le statut est
le même que celui des départements et des régions métropolitaines. Ils sont régis par
l'article 73 de la Constitution. Ce
sont :
La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane forment les départements
français d'Amérique (DFA). Depuis la révision constitutionnelle de
2008 ils peuvent être habilités, selon le cas, par la loi ou par le
règlement à fixer eux-mêmes les règles applicables sur leur territoire,
dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi
ou du règlement. Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les
droits civiques, les garanties des libertés publiques, l'état et la
capacité des personnes, l'organisation de la justice, le droit pénal, la
procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et
l'ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le
droit électoral.
Mayotte actuellement collectivité d'outre mer va devenir le 5eme
département d'outre mer en 2011.
Les DOM font partie de l'Union européenne et en sont des régions ultrapériphériques[2].
Collectivités
d'outre-mer [modifier]
Les collectivités
d'outre-mer (acronyme COM) sont des territoires aux statuts
divers. Elles sont régies par les articles 73 et 74 de la Constitution
révisée en 2003. Ce sont :
La
Nouvelle-Calédonie [modifier]
- La Nouvelle-Calédonie est spécifiquement
régie par le titre XIII de la Constitution
(articles 76 et 77). Elle constitue une collectivité sui
generis et est simplement dénommée la Nouvelle-Calédonie
dans les textes juridiques.
Terres australes
et antarctiques françaises [modifier]
Depuis février 2007, les îles Éparses (Bassas da India, Europa, îles Glorieuses, Juan de Nova, Tromelin) forment le cinquième district des TAAF. Les îles
Éparses font toutes l’objet de revendications territoriales d’États
tiers.
L’île Clipperton fait partie des
propriétés domaniales de l'État. Ce sont des propriétés privées de
l'État français, qui peut librement les administrer. Clipperton est administrée par le ministre de
l’Outre-Mer (depuis février 2007).
Clipperton est mentionnée à l'article 72-3 de la Constitution depuis la révision
constitutionnelle du 23 juillet 2008.
Évolutions
institutionnelles [modifier]
L'appellation de territoire d'outre-mer a été
supprimée de l'ordre constitutionnel depuis la révision de la
Constitution du 28 mars 2003. Elle reste néanmoins d'un usage courant pour Wallis-et-Futuna et les Terres australes et
antarctiques françaises même si on peut considérer que c'est un
abus de langage ou la force de l'habitude. En mars 2009, le Sénat a
choisi d'utiliser le terme « outre-mer » comme un substantif pluriel
pour désigner l'ensemble des zones géographiques de la France hors
métropole, DOM, COM et Nouvelle-Calédonie incluses. Le Parlement a ainsi
adopté, en mai 2009, une « loi pour le développement économique des
outre-mer » [3].
Saint-Martin et
Saint-Barthélemy [modifier]
Les îles de Saint-Martin et
de Saint-Barthélemy
sont devenues des collectivités d’outre-mer (COM), en application de
l'article 74 de la Constitution et ont quitté le département de Guadeloupe.
En effet, lors du référendum de décembre 2003 sur
l'évolution des statuts institutionnels, ces îles ont répondu
différemment du reste de la Guadeloupe.
La loi organique créant ces collectivités a été votée par le Parlement
le 21 février 2007 et est
entrée en application le 15 juillet 2007.
Néanmoins, même sous ce nouveau statut, ces collectivités continuent
de faire partie de l'Union européenne comme régions ultrapériphériques.
La coutume de refuser de payer tout impôt propre aux résidents de
Saint-Barthélémy a été entérinée juridiquement sur initiative du
président de la République, Nicolas Sarkozy, dans le courant 2008.
La collectivité de Mayotte s'est prononcée le 29 mars 2009 pour adopter
le statut de DOM à partir de 2011. Mayotte a
le statut actuel de collectivité d'outre-mer au plan constitutionnel,
avec une organisation et une dénomination spécifique de « collectivité
départementale » ayant été mis en place par la loi organique du 11 juillet 2001 afin de
rattraper le différentiel législatif avec la métropole. Les populations
de l'île réclament en effet ce statut depuis 1976.
Néanmoins, un aménagement constitutionnel resterait nécessaire afin
de rendre compatible les statuts personnels spécifiques du droit
coutumier, si ceux-ci devaient être maintenus en plus du droit personnel
commun, car la Constitution protège les droits personnels. Suite à
l'échec du statut de collectivité territoriale au sens de l'article 73
alinéa 3 de la Constitution (statut initialement prévu pour se
substituer au DOM-ROM avec une collectivité unique au plan exécutif),
l'autre possibilité est de permettre les statuts personnels spécifiques
dans les DOM. Le conseil général actuel pourrait
alors conserver pour le plan exécutif, et l'actuel conseil territorial
aurait ses compétences modifiées par rapport aux actuelles régions
d'outre-mer pour prendre en charge l'administration de l'exécutif
judiciaire spécifique nécessaire au maintien des droits personnels
coutumiers, mais les compétences législatives relèveraient alors du
droit commun du Parlement de la République.
Nouvelle-Calédonie
[modifier]
La Nouvelle-Calédonie organisera en 2014 un
référendum local d'autodétermination sur la question de l'indépendance
complète en vertu des accords de Nouméa de 1998. Une
consultation est en cours sur place afin de définir les modalités de ce
vote, notamment la composition du corps électoral.
Liste des
territoires ultramarins français [modifier]
Territoires
habités [modifier]
| Statut |
Population (Jan. 2010)[1] |
Superficie |
| DOM-ROM |
1 873 942 |
96 268 km² |
| COM |
534 000 |
5 132 km² |
| Collectivité sui generis |
246 000 |
18 575 km² |
| Total général |
2 653 942 |
119 975.4 km² |
Territoires
inhabités [modifier]
Patrimoine
naturel exceptionnel [modifier]
Ces territoires sont pour la plupart des « points chauds » (hot
spots) de biodiversité au niveau mondial.
Selon l'UICN [5]
on trouve environ 26 fois plus d'espèces végétales, 3,5 fois plus de mollusques, 60 fois plus d'oiseaux nicheurs endémiques
et plus de 100 fois plus de poissons d’eau douce en outre-mer (DOM +
COM) qu'en métropole. La présence d'îles, de récifs coralliens isolés, d'atolls, d'inselbergs
de forts gradients altitudinaux a favorisé un taux d'endémisme
très élevé.
Ce patrimoine se dégrade, avec en 2009 environ 1 260 espèces d’oiseaux
menacés chez les nicheurs réguliers de France et des DOM-TOM (où 76 %
des espèces de « France » sont répertoriées dont plus de la
moitié en Guyane. Les facteurs de menaces sont nombreux (surpêche,
chasse
excessive, orpaillage souvent illégal, urbanisation
et périurbanisation, pollution par les pesticides,
fragmentation
écologique, artificialisation, défrichement, introduction d'espèces devenues invasives, tourisme
de masse…). La Stratégie
française pour la biodiversité visait à stabiliser la dégradation
en 2010. Le
Grenelle de
l’environnement et le Grenelle de la mer ont jugé que l'outre-mer devait faire
l'objet d'actions prioritaires plus importantes, avec créations d'aires marines
protégées et d'un d'un réseau écologique d'habitats protégés pour
les espèces patrimoniales.
Le MEEDDM a proposé en 2009 de constituer un réseau
d'espaces remarquables dans les départements d'outre-mer, sur la base
des connaissances scientifiques disponibles. L'ONF est notamment chargé
de ce travail [6]
avec l'appui du MEEDDM, du SEOM (Secrétariat
d'Etat à l'outre-mer) et même de l'Union européenne qui en juillet 2008 a organisé une
conférence « L'Union européenne et l'outre-mer » proposant un
système « BEST » pour aider à appliquer la CDB pour la
biodiversité insulaire et amazonienne et sur les aires protégées,
soutenir les stratégies et plans d'action locaux pour la biodiversité
des RUP (Régions
ultra-périphériques) et des PTOM (Pays et
territoires d’outre-mer). Les Etats-membres ont mi-2009 répondu à un
premier questionnaire de la Commission sur le possible cahier des
charges d’un tel dispositif.
Images
de la France d'outre-mer [modifier]
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Iguanes, très nombreux dans l'archipel
guadeloupéen
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Mémorial de l'Anse Cafard
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Lagon
corallien sur la côte ouest
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Le cirque de Cilaos vu des hauts de Saint-Pierre
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Vue sur le centre ville et la baie de Saint-Paul
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Guyane
française [modifier]
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Maison créole réhabilitée place du coq.
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Etale sur le marché de Cayenne
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Îles du Salut au large des côtes
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Polynésie
française [modifier]
Vue de la baie de Cook sur Moorea
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Présidence de la Polynésie française à Papeete
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Nouvelle
Calédonie [modifier]
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Un groupe de femmes Kanak
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Case traditionnelle kanak
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Le fameux kiosque de la Place des Cocotiers à Nouméa
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La Baie des Tortues, du côté de Bourail.
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Terres australes
et antarctiques françaises [modifier]
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Le Marion Dufresne ; en arrière-plan l'île de l'Est
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Paysage de la péninsule Rallier du Baty
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Autres
possessions françaises (Antilles françaises, Mayotte, Saint-Pierre et
Miquelon...) [modifier]
Notes
et références [modifier]
- ↑ a
et b
INSEE - Bilan démographique 2009 [archive]
- ↑
Jacques ZILLER, L’Union Européenne
et l’Outre-Mer, revue Pouvoirs, n°113,L’outre-mer, avril 2005, p. 145-158 [archive]
- ↑
http://www.senat.fr/dossierleg/pjl07-496.html [archive]
- ↑
C'est l'expression utilisée par l'article 9 de la loi 55-1052 du 6 août
1955 portant statut des Terres australes et antarctiques françaises et
de l'île de Clipperton, introduit par la loi 2007-224 du 21 février 2007
portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à
l'outre-mer (JORF
du 22 février 2008 , p. 3220 et suivantes
- ↑
Etude UICN « Biodiversité et conservation dans les
collectivités françaises d’outre-mer »,
- ↑
source: Lettre La feuille et la plume n°7 nov 2009, publiée
conjointement par la LPO et l'ONF